Hongrie : Orban attaque les droits des femmes

Hongrie : Orban attaque les droits des femmes

Les droits reproductifs sont dans le viseur du Fidesz alors que le gouvernement intensifie sa rhétorique conservatrice, établissant des parallèles avec la dernière tentative de la Pologne de limiter l’avortement.

Stigmatisation et atteintes aux droits fondamentaux

Fin octobre, les droits des femmes hongroises ont été soudainement attaqués lorsque le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban a signé une déclaration anti-avortement imprégnée d’un langage «pro-famille» et d’un discours conservateur. Dans la Déclaration du consensus de Genève, l’idée maîtresse de ce document est un déni clair du droit international à l’avortement sous prétexte de promouvoir la santé des femmes.

La loi hongroise sur l’avortement, avec ses conseils obligatoires et ses périodes d’attente, a déjà été critiquée par des organisations comme les Nations Unies et l’Organisation mondiale de la santé pour stigmatisation de l’avortement et atteinte aux droits fondamentaux de l’homme.

Le parrainage par la Hongrie de la déclaration de Genève a mis le pays à la tête d’une coalition hétéroclite de partisans pro-vie qui rejettent «toute obligation internationale des États de financer ou de faciliter l’avortement», indique le document. La plupart de ses quelque 30 signataires constituent les 20 pires pays du monde où les femmes vivent, selon le Women, Peace and Security Index compilé par l’Université de Georgetown. La Hongrie, classée 49e, est le troisième plus mauvais de tous les pays de l’UE et se classe même en dessous de la Mongolie et du Kazakhstan.

La loi n’est pas modifiée mais l’accès restreint

La déclaration est juridiquement nulle et ne modifie aucune loi déjà en vigueur. Mais le cachet de la Hongrie sur le document de promotion de la famille était encore un réveil brutal pour beaucoup, même face à la poursuite depuis des années par le gouvernement d’une «politique visant à stimuler la procréation au sein de familles majoritairement de la classe moyenne avec le motif de relancer la croissance démographique».

Depuis son retour au pouvoir en 2010, le gouvernement d’Orban a introduit plusieurs obstacles pour obtenir un avortement. Il n’a pas tardé à inscrire dans la Constitution un langage sur la protection du fœtus «depuis sa conception», une première en Europe à l’époque. Bien que l’avortement soit resté légal, les femmes ne peuvent demander la procédure que dans un ensemble restreint de circonstances, comme dans le cas de graves dommages au fœtus, lorsque la santé de la mère est en danger ou lorsque la grossesse est le résultat d’un crime.

Une mobilisation de protestation s’organise.

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