La Chine a dévoilé mercredi un nouveau grand modèle de comptabilisation des émissions de carbone, marquant une avancée technologique majeure dans le domaine mondial de la comptabilisation du carbone.
La comptabilisation des émissions de carbone est une base cruciale pour le respect du climat international, une pierre angulaire de la tarification mondiale du carbone et une condition préalable essentielle pour atteindre les objectifs de pointe en matière de carbone et de neutralité carbone.
Le modèle est le premier système panoramique de comptabilisation des émissions de carbone au monde couvrant la production, la consommation et les sources naturelles, selon son développeur, l’Institut de recherche avancée de Shanghai dépendant de l’Académie chinoise des sciences (CAS).
Il est conçu pour remédier aux goulots d’étranglement de la comptabilité carbone traditionnelle, notamment les barrières élevées en matière de connaissances, la lourdeur du traitement des données, les longs délais et la faible résolution. En tirant parti de l’intelligence artificielle (IA) générative, il vise à remodeler le paradigme de la comptabilité carbone, en décrivant de manière dynamique les flux mondiaux de carbone et leur traçabilité, améliorant ainsi de manière globale le pouvoir du discours technologique du pays dans la gouvernance climatique mondiale.
Construit sur un modèle de fondation scientifique (ScienceOne) issu du CAS, le nouveau modèle repose sur trois piliers. Il s’agit de huit ensembles de données propriétaires qui permettent des mises à jour et une fusion de données à haute fréquence ; une méthodologie développée de manière indépendante utilisant un agent basé sur un grand modèle de langage (LLM) avec une collaboration multi-agents pour garantir la précision et un cluster informatique hybride qui optimise les ressources sur les serveurs internes et les centres externes.
Actuellement, l’interface de service du modèle fournit un LLM de domaine vertical avec 32 milliards de paramètres et une base de données intelligente, offrant à la fois des interfaces conversationnelles et de programmation.
Cinq agents intelligents dotés de fonctions spécifiques ont été développés, qui peuvent respectivement réaliser la simulation numérique et l’optimisation des processus du système industriel, la comptabilité des transferts de carbone commerciaux, l’évaluation du cycle de vie, la comptabilité des sources naturelles et l’analyse des incertitudes.
Parmi eux, l’agent d’évaluation du cycle de vie peut effectuer de manière indépendante l’ensemble du processus de définition des objectifs et de la portée, de l’analyse des stocks, de la comptabilité et de l’interprétation des résultats, permettant ainsi une comptabilisation automatisée de l’empreinte carbone des produits.
Sur la base de ce modèle, une carte holographique du carbone de haute précision au niveau national a été initialement développée. En prenant 2022 comme exemple, dans le cadre du nouveau cadre comptable scientifiquement équitable, les émissions de gaz à effet de serre de la Chine, des États-Unis et du Japon ont été ajustées respectivement de -17,7 %, +15,2 % et +7,2 %, par rapport aux résultats de la comptabilité traditionnelle du côté de la production du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Le modèle a également révélé que les facteurs d’émission par défaut du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne surestiment systématiquement les facteurs d’émission des produits chinois, soulignant la nécessité d’améliorer la précision comptable et d’adopter des facteurs localisés.
Il a également calculé avec précision la contribution mondiale des produits verts chinois à la réduction des émissions. Par exemple, les éoliennes et les produits photovoltaïques exportés par le pays ont généré environ 2 millions de tonnes d’émissions de carbone pendant la phase de production en 2024, mais ont néanmoins généré environ 350 millions de tonnes de bénéfices en matière de réduction des émissions de carbone à l’échelle mondiale pendant leur phase d’exploitation.
Le modèle fournit un soutien essentiel à la compilation par la Chine des inventaires nationaux de gaz à effet de serre, au développement de son marché national du carbone, à la transition verte des industries clés et à la réponse du pays aux politiques internationales en matière de carbone. Il apporte également l’expertise chinoise aux efforts mondiaux visant à établir un système plus juste et plus scientifiquement solide de comptabilisation du carbone et d’attribution des responsabilités.
