Une enseigne de pharmacie affiche une température de 47 degrés Celsius lors d'une vague de chaleur à Paris, en France, le 10 juillet 2026. /VCG

L’Europe connaît un été d’une chaleur sans précédent.

Le service Copernicus sur le changement climatique de l’UE a rapporté que l’Europe occidentale a récemment connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré. Au Royaume-Uni, le Met Office a déclaré que le pays avait déjà enregistré huit jours de températures supérieures à 34 degrés Celsius cette année, dépassant le record annuel précédent.

La chaleur extrême n’est plus un événement météorologique occasionnel. Cela devient un défi croissant pour la santé publique, les infrastructures urbaines et la vie quotidienne.

À mesure que les températures augmentent, une demande augmente rapidement : le refroidissement.

Une vue du chemin de fer express Chine-Europe. /CMG

Pendant des décennies, de nombreux foyers européens ont eu recours à une ventilation naturelle et à des conceptions de bâtiments adaptées aux climats plus froids plutôt qu’à une climatisation généralisée. Mais les vagues de chaleur répétées modifient les mentalités.

Cet été, la demande d’équipements de refroidissement a augmenté dans toute l’Europe. Un train de marchandises Chine-Europe au départ de Guangzhou, dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, a récemment transporté 55 conteneurs de climatiseurs et d’appareils électroménagers vers la Pologne et d’autres destinations européennes. Entre avril et juin, plus de 100 000 climatiseurs portables et composants associés ont été expédiés via le China-Europe Railway Express.

Cette tendance reflète une réalité mondiale plus large : à mesure que la planète se réchauffe, le refroidissement fait de plus en plus partie de l’adaptation climatique.

Mais cela soulève également une question difficile : l’utilisation accrue de climatiseurs compromet-elle les objectifs climatiques ?

Un habitant se repose à côté d'un bassin de fontaine dans les jardins du Palais-Royal lors d'une vague de chaleur à Paris, en France, le 10 juillet 2026. /VCG

La climatisation a longtemps été critiquée pour son impact environnemental. Les préoccupations sont réelles : le refroidissement nécessite de l’électricité, et les anciens réfrigérants pourraient contribuer de manière significative au réchauffement climatique en cas de fuite.

Toutefois, les organisations internationales affirment que le débat est plus compliqué.

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) affirme que le refroidissement est essentiel pour la santé humaine, la sécurité alimentaire, la productivité économique et la résilience climatique. Son rapport souligne que le défi n’est pas d’éliminer le refroidissement, mais de le rendre durable.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a également averti que la demande mondiale en matière de climatisation continuera d’augmenter à mesure que les températures augmentent. Sans amélioration de l’efficacité, la demande d’électricité liée au refroidissement pourrait augmenter considérablement. Mais grâce à des technologies à haut rendement, des systèmes électriques plus propres et une meilleure conception des bâtiments, les émissions peuvent être considérablement réduites.

En d’autres termes, l’impact environnemental de la climatisation dépend largement des sources d’énergie, de l’efficacité des équipements et de la gestion des réfrigérants, plutôt que du simple fait que les gens utilisent les climatiseurs.

Les pays explorent de plus en plus les moyens de rendre le refroidissement plus propre et plus durable.

Les climatiseurs inverseurs modernes peuvent réduire considérablement la consommation d’électricité par rapport aux modèles plus anciens, tandis que les réfrigérants plus récents tels que le R-32 et le R-290 ont un potentiel de réchauffement climatique bien inférieur à celui de nombreux réfrigérants utilisés dans les générations précédentes.

Au-delà des appareils individuels, les pays intègrent également les énergies renouvelables, le stockage d’énergie et les systèmes de refroidissement intelligents dans les bâtiments et les infrastructures urbaines. Dans des pays comme la Chine, l’énergie solaire sur les toits est combinée à des technologies de refroidissement efficaces pour réduire les émissions. Étant donné que la demande de refroidissement atteint souvent son maximum pendant les périodes ensoleillées et chaudes, le refroidissement solaire offre un moyen prometteur d’aligner la production d’énergie renouvelable sur les besoins croissants en électricité.

Une infographie intitulée

Le débat sur la climatisation ne concerne pas seulement l’énergie, il concerne également la protection des personnes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié la chaleur extrême comme un risque majeur pour la santé lié au climat, en particulier pour les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de problèmes de santé.

Alors que les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, de nombreux experts affirment que l’accès au refroidissement devrait être considéré comme faisant partie de la résilience climatique, aux côtés des systèmes d’alerte en cas de chaleur, de l’écologisation urbaine et d’une meilleure conception des bâtiments.

Le défi du futur ne consiste donc pas simplement à choisir entre l’utilisation de la climatisation et la protection de l’environnement.

La véritable tâche consiste à créer un nouveau modèle de refroidissement durable, qui permette aux sociétés de rester en sécurité dans un monde plus chaud tout en réduisant les émissions.

Alors que l’Europe et le reste du monde s’adaptent à la hausse des températures, le refroidissement pourrait ne plus être considéré comme l’opposé de l’action climatique. Avec une énergie plus propre et des technologies plus intelligentes, cela pourrait faire partie de la solution.

(Avec la contribution des agences)