La combinaison de la sonde lunaire Chang'e-7 et de la fusée porteuse Longue Marche-5 Y14 est transférée au bâtiment d'assemblage et d'essai, à Wenchang, dans la province de Hainan (sud de la Chine), le 24 août 2026. /VCG

La mission lunaire chinoise Chang’e-7 ne sera pas lancée au cours de la période prévue cette année, après qu’une évaluation approfondie a révélé que la mission ne répond pas encore aux exigences de lancement, a annoncé dimanche l’Agence chinoise des missions spatiales habitées.

La décision a été prise selon le principe de garantir la sécurité et la fiabilité, plutôt que de précipiter une mission conçue pour fonctionner dans des conditions très spécifiques.

Alors, qu’est-ce qu’une fenêtre de lancement exactement ? Et pourquoi Chang’e-7 ne peut-il pas simplement attendre quelques jours et réessayer ?

Une fenêtre de lancement est une période pendant laquelle un vaisseau spatial peut être lancé pour répondre aux conditions de mission orbitales, célestes, de suivi et autres requises. Pour certaines missions, comme les satellites se dirigeant vers une orbite terrestre relativement basse, la fenêtre peut être relativement flexible. Si un lancement est reporté, une autre opportunité pourrait se présenter quelques jours plus tard.

Mais les missions voyageant bien au-delà de la Terre sont confrontées à des contraintes beaucoup plus strictes.

Chang’e-7 se dirige vers le pôle sud de la Lune, où il recherchera des traces de glace d’eau. Cette région constitue l’un des environnements les plus inhabituels de la Lune.

Parce que l’axe de rotation de la Lune n’a qu’une très petite inclinaison, la lumière du soleil près du pôle sud lunaire frôle l’horizon. Certaines zones surélevées reçoivent la lumière du soleil pendant plus de 80 % de l’année, créant ce que l’on appelle des zones d’éclairage quasi perpétuel. Dans le même temps, les cratères d’impact à proximité peuvent rester dans une ombre permanente, avec des températures chutant jusqu’à environ moins 230 degrés Celsius. La glace d’eau peut être préservée dans ces régions extrêmement froides.

Cette combinaison donne au pôle Sud une valeur scientifique – mais rend également la mission fortement dépendante du timing.

Chang’e-7 dépendra principalement de l’énergie solaire, ce qui signifie qu’il devra arriver au bon moment pour profiter de conditions d’éclairage favorables. Le vaisseau spatial doit atteindre et atterrir dans la zone cible avant qu’une période d’ensoleillement continu de haute qualité ne commence.

Des estimations préliminaires suggèrent que la période totale annuelle offrant des conditions d’éclairage particulièrement favorables pour une exploration stable pourrait n’être que d’environ 100 jours. Ces opportunités ne se présentent pas tous les mois, et elles ne peuvent pas nécessairement être récupérées simplement en les lançant quelques jours plus tard.

Si la mission manque la période optimale, Chang’e-7 pourrait arriver alors que la lumière du soleil au pôle sud lunaire s’affaiblit déjà. Cela pourrait affecter l’alimentation électrique et la navigation et réduire considérablement – ​​voire éliminer – la fenêtre disponible pour l’exploration de surface.

C’est pourquoi le communiqué officiel indique que Chang’e-7 ne pourra pas être lancé pendant la période prévue cette année, plutôt que de simplement dire que le lancement a été retardé de quelques jours.

Pour une mission dans l’un des environnements les plus difficiles de la Lune, le timing ne se limite pas au moment où la fusée quitte la Terre. Il s’agit de s’assurer que le vaisseau spatial arrive sur la Lune exactement au bon moment.