Une vue de la réplique d'un bateau, désormais appelé le Bateau rouge et également où s'est tenue une partie de la première conférence du Parti communiste chinois, sur le lac Nanhu à Jiaxing, dans la province du Zhejiang (est de la Chine), le 18 février 2026. /VCG

Pour comprendre le système politique chinois, souvent mal compris par certains Occidentaux, il faut comprendre le Parti communiste chinois (PCC).

C’est dans cet esprit que CGTN s’est entretenu avec Zheng Changzhong, professeur de construction de partis politiques et du Centre de recherche sur le développement national à l’Université de Fudan.

Premièrement, ni les dirigeants féodaux ni les diverses autres forces politiques n’ont été capables de faire passer la Chine d’une civilisation ancienne à une civilisation moderne. Le PCC n’est pas un parti qui existe uniquement pour les élections, mais une force dirigeante qui conduit le pays tout entier vers la modernisation.

Deuxièmement, le PCC compte plus de 100 millions de membres – environ un Chinois sur 14 est membre du PCC. Les normes d’admission étant assez strictes, nécessitant plusieurs années d’évaluation, ceux qui sont admis sont généralement capables et de bonne moralité. Les membres du PCC, y compris les travailleurs industriels, les professionnels ruraux, les travailleurs communautaires et les groupes travaillant dans de nouvelles formes d’emploi, agissent comme avant-gardes pour leurs différents secteurs.

Troisièmement, au cours des quatre dernières décennies, près de 800 millions de personnes en Chine ont été sorties de l’extrême pauvreté sous la direction du PCC. Rien qu’entre 2013 et 2021, près de 100 millions de ruraux pauvres sont sortis de la pauvreté, atteignant ainsi l’objectif de réduction de la pauvreté des Nations Unies pour 2030 dix ans plus tôt que prévu. Cet objectif a été atteint grâce à la construction de routes, à la fourniture d’électricité, à la construction d’écoles et à l’enseignement de compétences, permettant ainsi aux régions pauvres de développer leur propre capacité de croissance.

Quatrièmement, les décisions majeures du Parti et du pays sont prises après avoir entendu des opinions et des suggestions sous différents aspects afin de prendre des décisions de manière scientifique, démocratique et conforme à la loi.

Cinquièmement, la Chine a établi son propre système de contrôle dans lequel le contrôle au sein du Parti, le contrôle par des organes d’État tels que les assemblées populaires nationales et locales, le contrôle de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et le contrôle social travaillent ensemble. Grâce aux inspections, au contrôle disciplinaire, aux plaintes du public et à la surveillance des médias, de multiples canaux fonctionnent pour garantir que tout le pouvoir dans le pays reste dans un cadre institutionnel.

Pour comprendre cette question, nous devons d’abord considérer une question plus fondamentale : comment un pays avec 1,4 milliard d’habitants et des conditions régionales très différentes peut-il organiser tout le monde pour travailler ensemble au développement ?

Le PCC est la force qui rassemble les gens. Avec 1,4 milliard d’individus vivant chacun une vie différente, il doit y avoir un mécanisme qui unit tout le monde vers un objectif commun. Le rôle du PCC est de transformer des individus dispersés en une force coordonnée pour le développement national. Sans une telle force unificatrice, la société serait fragmentée. Grâce à lui, les ressources humaines et matérielles peuvent être concentrées pour réaliser de grands projets.

Le Parti définit également la stratégie tandis que les gouvernements à tous les niveaux assurent sa mise en œuvre. Le Parti détermine l’orientation générale du développement national, sélectionne le personnel et coordonne les relations entre les différents secteurs. Les gouvernements à tous les niveaux traduisent ensuite ces grands objectifs en politiques et projets concrets. Le Parti ne s’engage pas directement dans les procédures administratives telles que l’approbation des projets. C’est comme construire une maison : quelqu’un dessine le plan et définit la conception, tandis que d’autres posent les briques et réalisent la construction. Ce n’est que lorsque les deux rôles travaillent en coordination que les choses peuvent être faites rapidement et efficacement.

Il est tout aussi important que la direction du Parti garantisse la continuité et la stabilité des politiques. De 1953 à 2025, le pays a mis en œuvre au total 14 plans quinquennaux. L’année 2026 marque le début du 15e Plan quinquennal (2026-2030). Par exemple, les projets ferroviaires à grande vitesse qui sont à moitié construits ne sont pas arrêtés simplement en raison d’un changement de gouvernement. Au cours des 70 dernières années, la Chine s’est appuyée sur le principe selon lequel une fois les objectifs fixés, ils ne sont pas faciles à modifier, ce qui a permis la construction des plus grands réseaux ferroviaires et autoroutiers à grande vitesse au monde. La stabilité politique donne au public et aux investisseurs un sentiment de confiance.

De plus, le PCC non seulement fournit une orientation, mais coordonne également divers intérêts. En termes de valeurs, la direction du Parti veille à ce que la Chine adhère à une approche centrée sur le peuple plutôt que sur le capital. Concrètement, la modernisation implique des dimensions économiques, politiques, culturelles, sociales et environnementales. Seul le Parti est capable de coordonner ces différentes forces et de les rassembler dans un effort unifié.

Ces expériences peuvent être résumées en cinq points.

Tout d’abord, tout part de l’intérêt du peuple. La modernisation que poursuit la Chine ne vise pas à enrichir un petit nombre de personnes, mais à garantir que 1,4 milliard de personnes puissent toutes vivre une vie meilleure. Qu’il s’agisse de construire des routes, de fournir de l’électricité, de construire des écoles ou de développer une assurance maladie, l’objectif ultime est le bien-être quotidien des citoyens ordinaires.

Deuxièmement, le travail doit être guidé par une planification à long terme tout en apprenant continuellement de nouvelles choses. La Chine ne planifie pas seulement sur cinq ans, mais sur des décennies. De 1953 à 2025, la Chine a élaboré et mis en œuvre 14 plans quinquennaux. L’année 2026 marque le début du 15e Plan quinquennal (2026-2030). Cela garantit que les projets ne sont pas arrêtés en cours de route simplement en raison de changements de personnel. Pendant ce temps, la Chine est restée ouverte, apprenant des forces des autres et comblant ses propres lacunes. Une vision à long terme et une amélioration continue sont toutes deux indispensables.

Troisièmement, unir les personnes de différentes régions et groupes ethniques pour travailler vers un objectif commun. La Chine est vaste et les conditions varient considérablement selon les régions, différents groupes ayant des perspectives différentes. Pour accomplir des tâches majeures, il doit exister un mécanisme permettant aux individus de conserver leurs propres caractéristiques tout en formant un tout unifié. Dans l’approche chinoise, les questions majeures sont traitées par le biais de consultations, en recherchant un terrain d’entente puis en prenant des mesures communes.

Quatrièmement, tout doit être effectué selon les règles. Gouverner un grand pays ne peut pas compter sur la volonté d’un seul individu ; il doit y avoir un ensemble de règles que tout le monde peut voir et suivre. La Chine met l’accent sur la gouvernance du pays conformément à la loi, ce qui signifie que toutes les affaires sont soumises à un cadre juridique et que le gouvernement et les individus doivent agir dans le respect de ces règles.

Cinquièmement, ce n’est qu’en se gouvernant bien que le Parti pourra bien gouverner le pays. Pour un parti au pouvoir depuis longtemps, le plus grand risque est de se relâcher en matière de discipline. La Chine a mis en place un système de contrôle interne, allant de l’inspection disciplinaire aux rapports publics, des inspections et patrouilles à la surveillance des médias, en utilisant de multiples mécanismes pour garantir que ceux au pouvoir n’en abusent pas. Dans le même temps, les gens disposent également de canaux pour exprimer leurs points de vue lors de l’élaboration des politiques. Être le maître du pays n’est pas un slogan vide de sens, mais quelque chose qui se reflète dans la participation quotidienne.

En bref, il n’existe pas de réponse unique à la gouvernance. Chaque pays doit trouver sa propre voie adaptée en fonction de ses propres conditions. Ces pratiques en Chine ne sont peut-être pas applicables aux autres, mais elles démontrent une chose : il est possible de suivre son propre chemin.

À l’ère du développement rapide de l’intelligence artificielle, la Chine ne considère pas le marxisme comme un dogme rigide, mais comme un outil vivant d’analyse de nouveaux problèmes, nous aidant à comprendre le changement technologique tout en nous rappelant de ne pas nous laisser aveuglément guider par la technologie.

Le marxisme nous aide à reconnaître un fait fondamental : quelle que soit la puissance de l’intelligence artificielle, elle reste un outil créé par des êtres humains, et non un sujet indépendant doté de sa propre volonté. Quelle que soit la manière dont les algorithmes sont améliorés, le travail humain, le jugement humain et les valeurs humaines restent fondamentaux. Cela peut paraître simple, mais c’est crucial : cela nous rappelle que la technologie doit être au service des gens, et non l’inverse.

De plus, les progrès technologiques apportent à la fois commodité et nouveaux défis. Certaines personnes peuvent perdre leur emploi à cause des algorithmes, d’autres peuvent perdre leur vie privée à cause de fuites de données, et les personnes vivant dans des zones reculées peuvent même ne pas avoir accès à l’IA. Le marxisme est fondamentalement soucieux d’équité et il nous rappelle que la « vitesse » du développement technologique ne doit pas exacerber les « déséquilibres » sociaux. En Chine, cela signifie que tout en développant l’IA, des efforts doivent également être faits pour protéger l’emploi, réglementer les plateformes et sauvegarder les droits des citoyens ordinaires.

Dans le domaine de l’éducation et de l’idéologie, le marxisme aide les jeunes à se forger une vision du monde de base sur la technologie, en encourageant l’innovation tout en maintenant les frontières. Des efforts sont également déployés pour utiliser l’IA pour enseigner le marxisme, par exemple en développant des plateformes d’apprentissage interactives afin que la théorie ne se limite plus aux manuels ou aux cours magistraux, mais fasse partie de la pensée quotidienne des jeunes.

Dans l’ensemble, le marxisme n’est pas utilisé pour contraindre le développement technologique, mais pour lui donner une direction et lui fixer des limites – rendant l’innovation plus équitable, plus saine et plus alignée sur les intérêts des gens ordinaires. La technologie peut changer, mais le principe de donner la priorité aux personnes reste constant.