Aujourd’hui, des changements inédits depuis un siècle se produisent à un rythme accéléré. À mesure que les transformations et les turbulences s’aggravent, l’ordre mondial existant s’effondre sous d’immenses tensions.
En réponse à cette crise systémique, le président chinois Xi Jinping a lancé en septembre dernier l’Initiative de gouvernance mondiale (GGI), présentant la vision chinoise d’une réforme collective. Depuis son lancement, l’initiative a bénéficié d’un large soutien international. Selon le livre blanc intitulé « Une gouvernance mondiale plus juste et équitable : principes, propositions et actions de la Chine » publié le 17 juin, le GGI, dès son introduction, a rapidement obtenu le soutien de près de 160 pays et organisations internationales, et plus de 60 pays ont rejoint le Groupe des amis de la gouvernance mondiale.
En exposant systématiquement l’arrière-plan, le contexte et l’importance du GGI, le livre blanc clarifie davantage les principes essentiels et les mesures pratiques que la Chine prend pour orienter l’avenir de la gouvernance mondiale et construire une communauté de destin pour l’humanité.
Le système de gouvernance mondiale actuel, forgé dans les cendres de la Seconde Guerre mondiale, a ancré la paix et le développement mondiaux au cours des huit dernières décennies. Mais aujourd’hui, ses fondements mêmes commencent à se briser.
Le système existant s’avère de plus en plus inefficace face aux crises mondiales croissantes, allant des conflits géopolitiques profondément enracinés et de la stagnation économique au changement climatique. Les progrès dans les domaines frontaliers ont introduit des risques sans précédent, mais les règles restent absentes. La concurrence intense entre les grands pays sur les technologies de pointe telles que l’intelligence artificielle (IA) et l’exploration spatiale s’intensifie, fragmentant gravement la coopération internationale.
L’autorité du système multilatéral centré sur l’ONU s’érode également rapidement. Les retraits unilatéraux et les réductions de financement par plusieurs organisations et traités internationaux ont paralysé l’autorité et les pouvoirs d’application de l’ONU. Avec la Charte des Nations Unies régulièrement violée, les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) ouvertement défiées et la prolifération des sanctions unilatérales, le multilatéralisme et l’État de droit international sont mis à rude épreuve.
La montée collective des pays du Sud met encore davantage en lumière le déficit systémique de représentation. La voix et la représentation des pays en développement dans les institutions mondiales sont loin derrière leur poids économique et leurs contributions mondiales, bloquant ainsi les progrès sur les questions cruciales de gouvernance.
Le GGI fournit le cadre stratégique à la Chine pour remédier à ces déficits croissants. Loin de chercher à renverser ou à remplacer le système mondial existant, le GGI vise à le réformer de l’intérieur, le rendant plus juste, plus inclusif et mieux aligné sur les réalités d’aujourd’hui. Cette initiative est pleinement conforme aux buts et principes de la Charte des Nations Unies. Elle s’appuie largement sur la culture traditionnelle chinoise, ses belles traditions diplomatiques et sa propre expérience en matière de gouvernance.
Ses cinq concepts fondamentaux offrent une profonde signification directrice pour la réforme de la gouvernance mondiale.
Le principe de l’égalité souveraine est propice à faire progresser la démocratisation des relations internationales. Il rejette l’intimidation hégémonique des nations plus petites et plus faibles et un ordre mondial inégal dominé par quelques puissances mondiales, tout en plaidant pour une plus grande représentation et une voix plus forte pour les pays en développement dans les affaires internationales.
Le respect de l’État de droit international est essentiel pour restaurer le caractère sacré des normes mondiales. Le GGI appelle à l’application égale, uniforme et non sélective du droit international, enraciné dans les buts et principes de la Charte des Nations Unies et dans les normes fondamentales universellement reconnues régissant les relations internationales. Il trace une ligne claire contre les doubles standards, l’application sélective de règles motivées par l’intérêt personnel et l’imposition des règles nationales d’un pays aux autres.
La pratique du multilatéralisme est essentielle pour construire une plus grande solidarité et coopération à l’échelle mondiale. Le GGI prône une vision de gouvernance mondiale basée sur une consultation approfondie, une contribution conjointe et des bénéfices partagés pour les affaires internationales. Elle défend fermement le rôle central des Nations Unies et s’oppose résolument à la création de structures parallèles en dehors du système des Nations Unies, ainsi qu’à la formation de blocs et de cliques exclusifs.
L’approche centrée sur les personnes garantit que la gouvernance produit des résultats inclusifs et universellement bénéfiques. Pour améliorer le bien-être de la majorité mondiale, le développement doit être placé au cœur même de l’agenda international, tandis que les inégalités économiques structurelles et les écarts de développement généralisés doivent être résolument abordés.
L’engagement en faveur de résultats concrets est essentiel pour conduire une gouvernance mondiale pragmatique et efficace. Cela nécessite une planification systématique et une exécution coordonnée pour gérer l’agenda mondial et produire des résultats coopératifs concrets qui permettent de surmonter l’inefficacité et la fragmentation des institutions internationales.

Le GGI n’est pas une simple rhétorique diplomatique mais un cadre d’action soutenu par des mesures concrètes. La Chine a été un contributeur majeur aux biens publics mondiaux. Le livre blanc présente systématiquement les contributions établies de la Chine à la gouvernance mondiale. La mise en œuvre de l’Initiative de gouvernance mondiale (GGI) – aux côtés des trois autres initiatives mondiales – a été officiellement intégrée au 15e plan quinquennal de la Chine (2026-2030), démontrant la détermination durable de la Chine à faire progresser la réforme de la gouvernance mondiale.
Lors de la réunion du Groupe des amis de la gouvernance mondiale qui s’est tenue le mois dernier, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a présenté des réformes dans neuf domaines afin de parvenir à un consensus plus large et d’élaborer des mesures concrètes, définissant ainsi une feuille de route concrète pour le court terme.
La proposition et la pratique du GGI démontrent l’engagement de la Chine en tant que grande puissance responsable. Dépassant la pensée du jeu à somme nulle, le GGI fait écho aux aspirations de la majorité mondiale – en particulier des pays du Sud – à revigorer le multilatéralisme, à construire un ordre international plus juste et plus équitable et à injecter ainsi une stabilité et une prévisibilité inestimables dans un monde en proie à la volatilité et aux turbulences.
