La Fashion Week de Shanghai, qui se déroule jusqu'à la mi-avril, constitue un pont entre les créateurs chinois et les marchés internationaux. /VCG

La Fashion Week de Shanghai de cette saison s’est ouverte sur un net changement de positionnement : elle n’est plus seulement une plate-forme d’exposition nationale mais un pont clé reliant les créateurs chinois aux marchés internationaux. L’accent est désormais mis au-delà de la mise en valeur de la créativité pour permettre une véritable entrée et expansion sur le marché.

À l’intérieur des sites, l’énergie s’étend bien au-delà de la piste. Ce qui définit la scène, c’est le mélange de participants, d’acheteurs internationaux, de médias étrangers, d’influenceurs locaux, de designers indépendants, de fondateurs de marques et d’acteurs de la chaîne d’approvisionnement – ​​tous circulant à travers les salons et les showrooms avec un objectif commun : identifier les marques capables de s’étendre au-delà de la Chine et d’être compétitives à l’échelle mondiale.

Contrairement aux capitales traditionnelles de la mode, où le prestige et l’image dominent souvent, la force de Shanghai réside dans son orientation commerciale. Ici, le podium est étroitement lié au marché, et le succès ne se mesure pas seulement par la visibilité, mais aussi par la conversion en commandes et en partenariats.

Au cœur de ce modèle se trouve l’écosystème industriel plus large de Shanghai. Située dans le delta du fleuve Yangtze, l’un des pôles de fabrication et de chaîne d’approvisionnement les plus intégrés au monde, la ville offre aux designers un parcours accéléré du concept au consommateur. Les idées peuvent être prototypées, affinées et mises sur le marché en quelques semaines. Pour les acheteurs internationaux, cette réactivité constitue un attrait majeur : Shanghai n’est pas seulement un lieu de découverte de talents émergents, mais également un terrain d’essai pour évaluer la rapidité et l’efficacité avec lesquelles les marques peuvent traduire le design en activités évolutives.

Feng Chen Wang, l’un des designers chinois les plus reconnus sur la scène mondiale, a exposé à Londres, Paris, Paris et Tokyo. Elle a déclaré à CGTN que même si sa marque a été fondée à Londres et a été rapidement reconnue lors de la Fashion Week de New York, son travail a toujours conservé une forte touche culturelle chinoise. Avec des éléments comme le bambou, la culture du thé et des imprimés de style traditionnel, son design est une fusion d’identité culturelle orientale et de couture occidentale – un équilibre qui est devenu de plus en plus populaire parmi une nouvelle vague émergente de créateurs chinois.

Cette année, Feng Chen Wang a ouvert la Fashion Week de Shanghai avec un défilé de célébration pour marquer le 10e anniversaire de sa marque éponyme. Le défilé a non seulement constitué une étape importante pour la marque, mais également un moment symbolique pour la Fashion Week de Shanghai dans son ensemble, soulignant à quel point les créateurs chinois évoluent désormais avec confiance et efficacité entre les capitales mondiales de la mode et leur marché national.

Aujourd’hui, une nouvelle génération de créateurs chinois aborde la mode mondiale avec une confiance croissante dans leur voix culturelle. Plutôt que de s’adapter aux attentes extérieures, ils intègrent des éléments tels que les tissus traditionnels, les techniques de couture et les motifs culturels dans les cadres de conception contemporains. Le résultat n’est pas une renaissance du « style traditionnel chinois », mais l’émergence d’un langage de conception hybride, enraciné localement, mais pleinement aligné sur l’esthétique mondiale.

Feng Chen Wang donne le coup d'envoi de la Fashion Week de Shanghai sur cette photo prise le 26 mars 2026. /CGTN

Pour Feng Chen Wang, la dernière décennie reflète un passage de la reconnaissance des podiums à une expansion internationale soutenue. Au-delà des défilés, la marque a bâti une large présence commerciale et travaille désormais avec plus de 100 magasins acheteurs dans le monde. Sa présence sur des marchés comme l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Japon, Singapour et le Moyen-Orient, illustre une tendance plus large : les créateurs chinois ne sont plus positionnés à la périphérie du système mondial de la mode mais y opèrent activement, façonnant à la fois l’offre et la demande.

Pourtant, malgré sa présence internationale, Shanghai devient la prochaine étape clé pour la marque – cette fois non seulement en tant que lieu de spectacle, mais aussi en tant que base pour ses propres studios et points de vente. Le plan est toutefois délibérément prudent. Comme elle l’a dit : « La marque de mode est en train de se transformer en une marque plus inclusive du style de vie, mais rien ne presse. »

Ce qui se passe à Shanghai reflète un changement plus important dans la mode mondiale. Le centre de cette énorme industrie n’est plus uniquement défini par Paris, Milan, Londres ou New York. Shanghai se taille un rôle différent – ​​non seulement en tant que capitale de la mode, mais aussi en tant que centre commercial de la mode où les créateurs, les fabricants, les acheteurs et les plateformes numériques sont étroitement liés et complexement connectés.

Shanghai, avec son mélange de consommateurs locaux, de résidents internationaux et sa forte culture du commerce de détail, offre le terrain d’essai idéal pour cette transition. Pour de nombreux créateurs chinois qui ont bâti leur réputation à l’étranger, le marché chinois n’est plus seulement une base de fabrication : c’est désormais l’un des plus importants marchés de consommation et plateformes de création de marque. C’est aussi pourquoi l’importance de la Fashion Week de Shanghai s’étend bien au-delà des podiums.