Mei-Ling Tan est une journaliste passionnée par l'Asie depuis plus de dix ans. Ayant grandi entre la France et Singapour, elle a développé une profonde compréhension des cultures et des dynamiques politiques du continent asiatique. Elle met aujourd'hui son expertise au service d'EurasiaTimes pour vous offrir des analyses pointues et des reportages de terrain.

Ma Jiwei est chercheur à l’Institut des systèmes nationaux de l’Université du Zhejiang. Huang Huaxin est doyen exécutif et professeur à l’Institut des civilisations asiatiques de l’Université du Zhejiang. L’article reflète le point de vue des auteurs, et pas nécessairement celui de CGTN. Il a été traduit du chinois et édité par souci de concision et de clarté.
Aujourd’hui, les changements dans le monde se produisent d’une manière jamais vue auparavant. L’Initiative de civilisation mondiale (GCI) a été proposée en mars 2023 dans ce contexte. Avec l’Initiative de développement mondial, l’Initiative de sécurité mondiale et l’Initiative de gouvernance mondiale, elle constitue les quatre piliers de la construction d’une communauté humaine de destin. Cette initiative fournit un tout nouveau cadre conceptuel pour forger un consensus dans un monde divisé et exerce une profonde influence sur l’évolution du paysage civilisationnel mondial.
I. Forger un consensus : une innovation conceptuelle qui transcende les conflits grâce à l’égalité et à l’apprentissage mutuel
Dans un contexte d’écarts de valeurs croissants à l’échelle mondiale et d’un déficit croissant de confiance, le GCI offre une ligne directrice fondamentale pour promouvoir une coexistence harmonieuse entre diverses civilisations. Ce faisant, il construit progressivement le consensus international le plus large possible sur les échanges civilisationnels.
Le GCI déconstruit les prétentions de supériorité civilisationnelle et renforce le principe d’égalité. Cette initiative prône le respect de la diversité civilisationnelle et défend l’égalité entre les civilisations, réfutant ainsi l’idée selon laquelle une civilisation est intrinsèquement supérieure aux autres. En mars 2024, sous l’impulsion de cette initiative, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution qui, pour la première fois, érigeait l’opposition à la discrimination civilisationnelle au rang de disposition du droit international.
Le GCI va au-delà de la thèse du « choc des civilisations » et a établi un cadre institutionnel de dialogue. S’appuyant sur le principe d’harmonie et de coexistence, l’initiative transforme le dialogue civilisationnel en une pratique institutionnelle régulière. En juin 2024, la 78e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté à l’unanimité une résolution désignant le 10 juin de chaque année comme Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations.
Le GCI comble la prétendue rupture entre le passé et le présent pour favoriser de nouveaux moteurs de développement civilisationnel. Il préconise de transformer la sagesse des civilisations anciennes en clés pour relever les défis contemporains, conférant ainsi aux civilisations un dynamisme durable. Grâce à des mécanismes tels que le « Programme des futurs envoyés de la civilisation », la Chine a aidé de jeunes artisans d’Ouzbékistan à accéder aux marchés internationaux, permettant ainsi au dialogue entre les civilisations de rester dynamique grâce à la transmission intergénérationnelle.
II. Remodeler le paysage : promouvoir un changement de paradigme dans la gouvernance mondiale grâce à une coopération inclusive
L’Initiative pour la Civilisation Mondiale n’est pas qu’un simple concept ; c’est aussi une pratique profonde dans la gouvernance mondiale. En promouvant une gouvernance inclusive, une gouvernance coopérative et l’essor collectif des pays du Sud, elle remodèle discrètement un ordre civilisationnel mondial auparavant dominé par l’Occident et souvent exclusif, favorisant ainsi un nouvel écosystème plus équilibré, plus diversifié et mutuellement bénéfique.
La gouvernance inclusive a démantelé la culture des « petits cercles ». Parmi les projets de coopération culturelle menés dans le cadre de l’initiative, les pays en développement représentent 73 % des participants, dépassant de loin les 41 % observés dans les initiatives traditionnelles menées par l’Occident. La Chine a également avancé des projets de traduction de classiques non occidentaux, comme le , qui est désormais disponible dans les bibliothèques universitaires de 24 pays, apportant davantage de sagesse non occidentale dans le système de connaissances mondial.
La gouvernance coopérative remplace la logique du jeu à somme nulle. La Chine et les pays participant à l’Initiative la Ceinture et la Route ont mené conjointement plus de 40 projets archéologiques transfrontaliers. De la désignation de Pompéi et des ruines archéologiques de la ville de Liangzhu comme « sites du patrimoine frères » aux fouilles conjointes menées par des équipes archéologiques chinoises et égyptiennes à Louxor, ces collaborations fournissent des preuves tangibles de la manière dont les civilisations peuvent coexister et prospérer ensemble.
Le paysage culturel mondial est remodelé par la montée en puissance des pays du Sud. Depuis 2023, les médias de pays comme le Pakistan et la Tunisie ont publié des articles soulignant comment l’initiative offre une nouvelle voie de modernisation sans compromettre leur autonomie culturelle. Un rapport du cabinet britannique Brand Finance indique que la puissance douce de la Chine s’est hissée à la deuxième place mondiale en 2025, atteignant un sommet historique.
La civilisation, comme l’eau, nourrit tranquillement toutes choses. Guidée par la sagesse de l’harmonie, la Global Civilisation Initiative rejette l’idée selon laquelle les conflits entre civilisations sont inévitables. En étant inclusif, il remet en question les notions de supériorité et, par des actions pratiques, il contribue à combler les divisions dans le monde. À mesure que les quatre initiatives mondiales avancent ensemble, un nouveau paysage mondial de civilisations – marqué par l’égalité, l’apprentissage mutuel, le dialogue et l’inclusion – prend forme.