Une souris femelle qui a passé du temps à bord de la Station spatiale chinoise l’année dernière a donné naissance à sa troisième portée consécutive en bonne santé sur Terre, fournissant aux scientifiques des données inestimables sur la reproduction des mammifères après un vol spatial.
Quatre souris ont été envoyées vers la station spatiale dans le cadre de la mission Shenzhou-21 le 31 octobre 2025, marquant la première expérience chinoise en orbite sur un petit mammifère. Les rongeurs ont passé environ deux semaines dans un habitat spécialisé en microgravité avant de revenir sur Terre le 14 novembre.
Peu de temps après leur retour, une femelle a conçu et mis au monde sa première portée de neuf petits le 10 décembre. Elle a depuis donné naissance à deux autres portées en bonne santé, comptant respectivement 10 et neuf petits. La taille de chaque portée a dépassé les portées terrestres typiques de cinq à sept petits, a rapporté samedi China Media Group.
Des chercheurs de l’Institut de zoologie de l’Académie chinoise des sciences ont observé des variations comportementales intrigantes au sein des trois portées.
Le premier a montré un comportement plus prudent, « socialement anxieux », se cachant fréquemment dans des zones abritées. Les seconds ont fait preuve d’une plus grande confiance en eux, explorant plus facilement leur environnement. Dès la troisième portée, la progéniture a démontré une adaptation progressivement améliorée aux conditions de vie au sol, selon le rapport.
Dans l’ensemble, chaque portée successive a montré une meilleure adaptation aux conditions de vie au sol par rapport à la précédente. Ces changements subtils fournissent des preuves importantes pour l’étude de la reproduction de la vie dans l’espace, selon les chercheurs.
Les souris présentent environ 85 % de similarité génétique avec les humains et ont des cycles de reproduction rapides, ce qui en fait des modèles idéaux pour l’étude des risques potentiels pour la reproduction humaine lors de missions spatiales à long terme.
Les chercheurs vont désormais surveiller de près ces « chiots de l’espace », en suivant leurs courbes de croissance et en testant s’ils peuvent eux-mêmes se reproduire normalement, à la recherche d’impacts générationnels potentiels.
Ce qui nous attend est encore plus excitant. Selon le plan de recherche, l’équipe scientifique mènera des expériences spatiales de plus longue durée avec des souris, à l’image des missions orbitales humaines qui durent plus de six mois, pour étudier leurs réponses physiologiques et leur adaptabilité spatiale, selon le rapport du CMG.
Ces découvertes rapprochent les scientifiques de la réponse à une question fondamentale pour l’avenir de l’humanité dans l’espace : les mammifères peuvent-ils réussir à se reproduire au-delà de la Terre ?
