Vue depuis le pont Tabiat vers les montagnes d'Albourz, Téhéran, Iran /VCG

Alors que les conflits militaires au Moyen-Orient continuent de s’intensifier, l’Iran, Israël, le Qatar et Bahreïn ont successivement annoncé la fermeture de musées et de lieux culturels clés. Un effort d’urgence discret pour sauvegarder le patrimoine culturel de l’humanité se déroule à l’ombre de la guerre.

Selon les correspondants du China Media Group, l’Iran a déclaré une période de deuil national de 40 jours à compter du 1er mars. Le gouvernement a également ordonné la fermeture des institutions publiques pendant sept jours. Il y a quelques jours, le palais du Golestan, également connu sous le nom de « Palais des Roses », a été endommagé lors de frappes aériennes lancées par les États-Unis et Israël.

Débris au monument historique du palais du Golestan après qu'il ait été endommagé lors d'une frappe israélienne et américaine, au milieu du conflit américano-israélien avec l'Iran, à Téhéran, Iran, le 3 mars 2026 /Reuters

Pour en savoir plus, voir : Le palais du Golestan, un monument de l’identité culturelle iranienne, endommagé

Au-delà des dommages immédiats, le risque s’étend à un paysage culturel bien plus vaste. L’Iran se situe au carrefour de certaines des premières civilisations du monde. Pendant des milliers d’années, la culture perse a façonné l’histoire de l’humanité à travers des villes, des empires et des idées qui continuent d’influencer le monde moderne.

Aujourd’hui, l’Iran abrite 27 sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, parmi les plus nombreux au Moyen-Orient. Ces sites couvrent des colonies préhistoriques, des empires anciens et l’ère islamique, formant un témoignage ininterrompu de la civilisation humaine. Les dommages causés par un conflit militaire seraient irréversibles.

Persépolis, capitale cérémonielle de l'empire achéménide, Iran /VCG

Parmi les sites les plus importants figure Persépolis, le centre cérémoniel de l’empire achéménide. Ses ruines révèlent comment un ancien empire multiethnique gouvernait divers peuples, avec des reliefs en pierre représentant des envoyés de différentes régions apportant des hommages.

Ruines du palais de Cyrus, Pasargades, Iran /VCG

Pasargades, première capitale perse et lieu de sépulture de Cyrus le Grand, a le même poids. On se souvient de Cyrus pour ses politiques de tolérance religieuse qui ont façonné les premières idées de gouvernance et de droits de l’homme.

Le patrimoine iranien ne se limite pas aux grandes ruines impériales. Il comprend également des villes historiques qui reflètent des modes de vie et d’adaptation humains de longue date.

Une section de la place Imam est représentée avec son reflet à Ispahan, en Iran. /VCG

Le centre historique d’Ispahan reflète l’apogée de la conception urbaine islamique, tandis que les tours à vent et les bâtiments en briques crues de Yazd montrent comment les gens se sont adaptés aux conditions difficiles du désert. L’ancien système d’eau de Qanat, encore étudié aujourd’hui, démontre comment les canaux souterrains soutenaient les villes et l’agriculture dans les régions arides.

Le patrimoine culturel est particulièrement vulnérable dans la guerre moderne. Une fois que les sculptures en pierre, les peintures murales ou les plans de villes anciennes sont détruits, ils ne peuvent pas véritablement être reconstruits. Pour l’archéologie, l’anthropologie et l’étude de la civilisation humaine, de telles pertes sont impossibles à remplacer.

Les inquiétudes concernant cette vulnérabilité ne sont pas théoriques. En 2020, le président des États-Unis Donald Trump a évoqué publiquement la possibilité de cibler des sites culturels iraniens. Ces remarques ont rapidement suscité les critiques des universitaires, des organisations internationales et des Nations Unies. Ils ont averti que les attaques contre le patrimoine culturel violent le droit international et les principes fondamentaux de la civilisation. La Convention de La Haye interdit également les attaques contre les biens culturels pendant un conflit armé, reflétant un consensus international de longue date sur la protection du patrimoine culturel.

Les sites historiques iraniens ne sont pas des symboles politiques, mais des chapitres irremplaçables de l’histoire mondiale. Les protéger n’est pas un choix politique : c’est une responsabilité partagée de préserver la mémoire collective de l’humanité.