Des citoyens se détendent et pique-niquent sur la pelouse du parc Chaoyang à Pékin, le 7 juin 2026. /VCG

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2026 marque la première année du 15e plan quinquennal chinois (2026-2030), alors que le pays franchit une étape décisive vers la réalisation d’une modernisation socialiste de base d’ici 2035. À une époque où les turbulences et l’incertitude mondiales s’intensifient, de nombreux pays voient leurs stratégies de développement fréquemment modifiées ou abandonnées au gré des changements de gouvernement. Dans ce contexte, qu’est-ce qui explique la capacité de la Chine à maintenir une continuité politique pendant plus de sept décennies et à poursuivre systématiquement un projet global unique ? La réponse réside dans la logique évolutive de son système de planification, dans les mécanismes institutionnels qui sous-tendent sa mise en œuvre et dans la pratique plus large de la coopération internationale.

Logique évolutive : une direction constante et un chemin adaptatif

Les plans quinquennaux de la Chine ne sont pas des listes d’instructions rigides, mais des arrangements stratégiques conçus pour répondre aux priorités des différentes étapes de développement. Dans les premières années qui ont suivi la fondation de la République populaire de Chine, le premier plan quinquennal s’est concentré sur le lancement de l’industrialisation et la construction d’un système industriel moderne. Suite à l’introduction de la réforme et de l’ouverture, la tâche centrale s’est déplacée vers la libération et le développement des forces productives. Dans la nouvelle ère, dans un environnement national et international plus complexe, les priorités de planification se sont déplacées vers un développement de haute qualité, une ouverture de haut niveau et des industries d’avenir émergentes. Ce qui a changé, ce sont les outils de gouvernance et l’orientation du développement ; ce qui reste inchangé, c’est l’objectif primordial de la modernisation. Avec la promulgation de la loi de planification du développement national en 2026, cette continuité a été élevée au rang de cadre institutionnel juridique.

La forte capacité de mise en œuvre de la Chine en matière de planification du développement repose sur le fonctionnement coordonné de trois relations clés.

Premièrement, une coordination centrale-locale dans un cadre national unifié. Sous la direction centralisée et unifiée du Parti communiste chinois, les plans nationaux se traduisent en volonté de l’État et mis en œuvre de manière descendante, permettant la mobilisation de ressources pour des initiatives nationales majeures. En même temps, la planification n’est pas un processus directif unilatéral. Il suit un cycle scientifique de recherche, de formulation, de mise en œuvre et d’évaluation, tout en laissant un espace à l’innovation locale. Par exemple, le projet « Démonstration de mille villages et rénovation de dix mille villages » de la province du Zhejiang est passé du statut de pratique locale à celui d’initiative nationale de revitalisation rurale après avoir fourni des résultats remarquables. Ce mécanisme de coordination centrale combiné à une expérimentation locale permet d’éviter à la fois une uniformité rigide et une mise en œuvre fragmentée.

Deuxièmement, le rôle coordonné du gouvernement et des forces du marché. La planification ne remplace pas le marché ; il définit plutôt la frontière entre un marché efficace et un gouvernement proactif. Ce dernier fournit une orientation stratégique et des attentes stables, tandis que le premier joue un rôle décisif dans l’allocation des ressources. Dans des domaines tels que la recherche fondamentale, les grands projets d’infrastructure et les technologies de base clés, une planification étatique tournée vers l’avenir est nécessaire. Toutefois, dans les secteurs concurrentiels, les mécanismes du marché peuvent fonctionner plus pleinement. En conséquence, cela permet au pays de combler ses lacunes et de s’attaquer aux principaux goulots d’étranglement, tout en stimulant la vitalité du marché, en parvenant à un équilibre organique entre « vitalité grâce à la libéralisation » et « réglementation efficace ».

Troisièmement, une aspiration partagée entre l’État et le peuple. Dans le système de planification chinois, le développement national est étroitement lié au bien-être de la population. Les gens sont à la fois bénéficiaires et participants au processus de planification. Selon les statistiques, la formulation du 15e Plan quinquennal a reçu plus de 3,113 millions de suggestions grâce à une consultation publique en ligne. La philosophie du développement centrée sur les personnes constitue la base d’un large consensus social sur le plan.

L’expérience de la Chine démontre aux pays en développement que la modernisation ne dépend pas nécessairement de capitaux extérieurs à grande échelle ou de mesures de relance à court terme. Au lieu de cela, cela peut être réalisé grâce à une planification à long terme adaptée aux conditions nationales, en améliorant continuellement les infrastructures, la capacité industrielle, le niveau de vie et la capacité de gouvernance. De la coopération Sud-Sud à l’initiative « la Ceinture et la Route », de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’ONU à la promotion de la vision d’une communauté de destin pour l’humanité, la Chine lie son propre développement au développement mondial. Ce qu’il propose n’est pas un modèle à reproduire mécaniquement, mais une approche de développement fondée sur une réflexion à long terme et un bénéfice mutuel.

En résumé, le « code » de la planification à long terme de la Chine réside dans l’orientation cohérente de la modernisation, l’évolution adaptative des voies de mise en œuvre, l’exécution institutionnelle efficace et l’expansion continue de l’ouverture et de la coopération. La capacité de la Chine à mener à bien un projet unique repose sur son soutien institutionnel au long terme. Dans la perspective du 15e Plan quinquennal, la Chine continuera de s’appuyer sur la continuité de la planification pour faire face à l’incertitude mondiale, explorer de nouvelles opportunités de modernisation grâce à des efforts soutenus et contribuer à une plus grande stabilité et à un plus grand élan de développement au monde.

(Image de couverture via VCG)