Le 26 avril 2026, Sebastian Sawe a franchi la ligne d’arrivée du marathon de Londres en 1 heure, 59 minutes et 30 secondes, devenant ainsi le premier athlète à courir un marathon de moins de deux heures dans une course officiellement sanctionnée.
Pendant des décennies, la barre des deux heures a été considérée comme l’une des limites ultimes de l’endurance humaine. Il ne s’agissait pas seulement d’une étape sportive, mais aussi d’une limite physiologique – que de nombreux chercheurs pensaient presque impossible à surmonter dans des conditions de course standard.
Alors pourquoi est-il si difficile de respecter deux heures – pour un humain ?
Au niveau le plus élémentaire, un marathon est un test d’approvisionnement en énergie.
Courir 42,195 kilomètres à un rythme inférieur à deux heures nécessite environ 2 500 kilocalories. Pourtant, les réserves de glycogène du corps humain – la principale source d’énergie de haute intensité, ne fournissent généralement qu’environ 2 000 kilocalories.
Cela laisse un écart métabolique d’environ 500 kilocalories.
Pour maintenir leur vitesse, les coureurs d’élite doivent de plus en plus s’appuyer sur le métabolisme des graisses au cours des dernières étapes de la course. Mais la graisse est un carburant qui brûle plus lentement. Le défi consiste à maintenir un rythme proche du maximum tout en passant à une source d’énergie moins efficace sans provoquer une baisse significative de la vitesse.
Même de petites erreurs de calcul en termes de rythme ou de ravitaillement peuvent entraîner une fatigue rapide.
Briser la barrière des deux heures nécessite également de fonctionner au plus près des limites aérobies du corps.
Les marathoniens d’élite doivent maintenir des vitesses proches de leur consommation maximale d’oxygène pendant près de deux heures. Cela les place à proximité du seuil où le corps commence à accumuler des sous-produits provoquant la fatigue.
A cette intensité, la marge d’erreur est extrêmement faible.
Un rythme légèrement plus élevé risque de provoquer un épuisement précoce, tandis qu’un rythme légèrement inférieur rend impossible l’atteinte du temps visé. Le maintien de cet équilibre nécessite non seulement une capacité cardiovasculaire exceptionnelle, mais également des stratégies de stimulation et des conditions environnementales précises.
Au-delà du métabolisme et de l’oxygène, la biomécanique joue un rôle crucial.
Pour maintenir un rythme inférieur à deux heures, les coureurs d’élite maintiennent généralement une cadence de 180 à 190 pas par minute, avec des temps de contact au sol inférieurs à 200 millisecondes. Au cours d’un marathon, cela se traduit par des dizaines de milliers de pas exécutés avec une cohérence quasi parfaite.
Toute petite inefficacité dans la longueur de la foulée, la posture ou la frappe du pied pourrait augmenter la dépense énergétique. Au fil du temps, ces écarts mineurs s’accumulent, réduisant les performances globales.
En ce sens, un marathon de moins de deux heures n’est pas seulement un test d’endurance, mais aussi de précision mécanique soutenue sur de longues distances.
