Le plus haut responsable iranien de la sécurité, Ali Larijani, a été tué dans une frappe aérienne israélienne, ont confirmé mardi les médias officiels iraniens, portant un coup dur aux dirigeants de Téhéran alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran entrait dans sa troisième semaine.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé « l’élimination » de Larijani et de Gholamreza Soleimani, commandant de la force paramilitaire Basij, lors de frappes nocturnes près de Téhéran. Ces assassinats représentent les pertes les plus importantes pour l’Iran depuis la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, au début du conflit, fin février.
Larijani, une figure pragmatique chevronnée ayant une expérience des négociations nucléaires et des cercles internes de l’establishment clérical, avait été considérée par certains analystes occidentaux comme un canal potentiel pour toute désescalade future. Les responsables iraniens ont décrit sa mort comme un martyre pour la défense de la Révolution islamique.
L’assassinat du chef de la sécurité iranienne est intervenu dans un contexte de fractures croissantes entre les États-Unis et leurs alliés occidentaux. Le président américain Donald Trump a vivement critiqué mardi les membres de l’OTAN pour avoir refusé de se joindre aux efforts visant à sécuriser le détroit d’Ormuz, où l’Iran a perturbé le trafic de pétroliers et bloqué environ 20 % des flux mondiaux de pétrole.
S’exprimant à la Maison Blanche, Trump a qualifié la position de l’alliance d' »erreur très stupide » et a déclaré que la plupart des membres de l’OTAN avaient montré peu d’enthousiasme à fournir des navires de guerre pour escorter les navires à travers cette voie navigable vitale.
Ces remarques ont mis en lumière les tensions transatlantiques croissantes, alors que plusieurs capitales européennes ont fait part de leur réticence à engager des moyens navals, craignant de s’impliquer dans un conflit prolongé aux issues incertaines.
Pendant ce temps, sur le plan intérieur, l’administration Trump fait face à une pression politique croissante suite à la décision du président de lancer l’offensive. Mardi, le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, Joe Kent, a démissionné en signe de protestation, arguant que l’Iran ne représentait aucune menace imminente justifiant la guerre.
Le départ de Kent fait suite aux critiques des démocrates du Congrès et de certains sceptiques républicains, qui ont remis en question le but de la campagne et souligné les pertes américaines. Au moins 13 militaires américains ont été tués et plus de 200 ont été blessés.
Le conflit ne montre aucun signe d’apaisement. Les forces iraniennes ont lancé de nouveaux barrages de missiles sur le centre d’Israël et sur des sites d’infrastructures dans le Golfe, tandis que les frappes américaines et israéliennes se poursuivaient sur des cibles à Téhéran et dans d’autres provinces, notamment des sites de missiles proches du détroit d’Ormuz.
Les efforts diplomatiques des pays de la région semblent au point mort, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei et Trump ayant apparemment rejeté les pourparlers en faveur d’un cessez-le-feu.
