Des feux d'artifice scintillent au-dessus de la Statue de la République alors que les gens se rassemblent pour un événement nocturne électoral après le deuxième tour des élections législatives françaises sur la place de la République à Paris, en France, le 7 juillet 2024. /CFP

Le vieil adage selon lequel « une semaine, c’est long en politique » semble sonner douloureusement vrai pour le parti d’extrême droite français, le Rassemblement national (RN).

Il y a une semaine, la direction et les sympathisants du parti célébraient un bon résultat au premier tour des élections à l’Assemblée nationale le 30 juin, en tête confortable des votes et avec le rêve d’un premier Premier ministre RN semblant presque réalisable.

Sept jours plus tard, les électeurs français ont propulsé le RN en troisième position au second tour, ne lui laissant aucune chance de former un gouvernement.

Le groupe de gauche, le Nouveau Front populaire (NFP), a créé une nouvelle surprise en remportant le plus de sièges à la chambre basse du Parlement, suivi de près par l’alliance Ensemble du président Emmanuel Macron.

Le NFP, une alliance formée il y a quelques semaines par les principaux partis de gauche, a remporté 182 sièges sur les 577 que compte le Parlement, selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l’Intérieur. Le groupe centriste de Macron, Ensemble, en a obtenu 168 et le RN d’extrême droite et ses alliés 143.

Le résultat laisse la France avec trois blocs de tailles similaires dans un parlement sans majorité absolue, tous en deçà des 289 sièges nécessaires pour une majorité absolue, et une longue période d’impasse et de négociations s’annonce probablement à venir.

Le NFP est une alliance de gauche regroupant les socialistes, les verts, les communistes et la France insoumise qui s’est formée le mois dernier pour s’opposer à l’extrême droite. Cependant, leurs positions politiques sont très différentes et ils n’ont pas encore été en mesure de présenter un candidat au poste de Premier ministre, ce qui rend les négociations pour former un gouvernement fonctionnel d’autant plus complexes.

Le leader insoumis de la France, Jean-Luc Mélenchon, prononce un discours lors de la soirée électorale du Nouveau Front populaire après le second tour des élections législatives françaises, à Paris, en France, le 7 juillet 2024. /CFP

La voix la plus forte au sein de la coalition est celle du vétéran Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, qui semble être le parti qui a remporté le plus de sièges au sein de l’alliance NFP. François Hollande, l’ancien président socialiste qui a une histoire quelque peu compliquée avec Macron, est également revenu à la politique élue et siégera à l’Assemblée nationale.

Pour le RN, le résultat est une déception compte tenu des attentes élevées suscitées par le succès du parti aux élections au Parlement européen et au premier tour des élections à l’Assemblée nationale, mais il est tout de même passé de 88 sièges à la chambre basse à 143, une forte hausse et un signe de sa dynamique continue.

Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national français, s'adresse à la presse lors de la soirée électorale du parti suite aux premiers résultats du second tour des élections législatives françaises à Paris, en France, le 7 juillet 2024. /CFP

« La marée monte, notre victoire n’a été que retardée », a déclaré Marine Le Pen, la cheffe du RN. Jordan Bardella, 28 ans, qui briguait le poste de Premier ministre, a dénoncé une « alliance du déshonneur » qui a fait échouer son parti.

Plus de 200 candidats qualifiés pour le second tour, en grande partie issus du NFP et d’Ensemble, se sont retirés pour garantir une course à deux chevaux et créer de fait des référendums sur le RN.

Le taux de participation aux élections a été le plus élevé depuis quatre décennies, avec plus de 59 %.

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours après les premiers résultats du second tour des élections législatives françaises à Matignon à Paris, en France, le 7 juillet 2024. /CFP

Le résultat exact qu’espérait Macron lorsqu’il a convoqué des élections anticipées immédiatement après la domination du RN aux élections européennes début juin n’a jamais été entièrement clair.

Le résultat ne va pas simplifier sa présidence, mais son bloc a obtenu de meilleurs résultats que prévu et aura de l’influence au sein du nouveau parlement. Et son pari selon lequel une majorité d’électeurs s’unirait pour contrecarrer la montée du RN s’est avéré exact : les élections ont clairement montré qu’une majorité d’électeurs français s’oppose toujours à l’extrême droite.

La suite des événements est loin d’être certaine, mais avec l’ouverture des Jeux olympiques à Paris dans moins de trois semaines, on peut espérer que des voix calmes l’emporteront.

Le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé dimanche soir qu’il présenterait sa démission à la suite des résultats, mais a ajouté qu’il était prêt à rester en poste « aussi longtemps que le devoir l’exigera ». Il est possible qu’il continue à assurer l’intérim, au moins au-delà des Jeux olympiques.

L’ancien Premier ministre Edouard Philippe a proposé une solution centriste, peut-être construite autour d’un programme législatif très basique, tandis que Mélenchon a déclaré qu’il fallait donner au NFP la possibilité de former un nouveau gouvernement. Un gouvernement technocratique composé d’experts a également été évoqué.

Quoi qu’il arrive, une longue période de négociations s’annonce.

Publications similaires