Une équipe de scientifiques chinois a dévoilé un atlas à haute résolution détaillant la répartition mondiale de la chimie de la surface lunaire, une avancée significative qui comble une lacune critique en matière de données dans l’étude géologique de la face cachée de la Lune.
Cartographier la chimie de la surface lunaire mondiale est essentiel pour comprendre l’évolution magmatique et l’histoire géologique de la Lune et a de profondes implications pour l’étude du système Terre-Lune.
Les estimations précédentes de l’abondance des éléments reposaient principalement sur des données de télédétection calibrées avec des informations de vérité sur le terrain basées sur des échantillons provenant de la face visible de la Lune, selon un article de recherche récent publié dans la revue Nature Sensors. Cela a laissé la face cachée de la Lune largement libre, introduisant des incertitudes substantielles dans les modèles géologiques pour les terrains aux compositions complexes, en particulier dans le bassin scientifiquement vital du pôle Sud-Aitken (SPA).
Pour surmonter ce défi de longue date, l’équipe de recherche, dirigée par l’Institut de physique technique de Shanghai de l’Académie chinoise des sciences, a développé un cadre d’inversion intelligent pour les composants chimiques lunaires, exploitant un réseau neuronal convolutif résiduel sur la base de données de vérité terrain du côté éloigné des échantillons récupérés par la mission Chang’e-6 et combinant des données d’images multispectrales haute résolution du visible au proche infrarouge de l’orbiteur lunaire.
En employant une stratégie de réglage fin du modèle pour calibrer de manière optimale les abondances élémentaires, l’équipe a généré des cartes mondiales de haute précision des principaux oxydes élémentaires qui intègrent des informations de vérité terrain du côté éloigné.
Cette percée a réussi à limiter l’étendue et la composition des terranes du côté éloigné et à révéler avec précision les matériaux profonds exposés dans le bassin de la SPA et les hautes terres.
Les cartes démontrent quantitativement que la proportion d’anorthosite magnésienne exposée dans les hautes terres éloignées est significativement plus élevée que sur la rive proche. Cela fournit de nouvelles preuves mesurées soutenant l’hypothèse d’une cristallisation asymétrique et d’une différenciation de l’océan magmatique lunaire entre les deux hémisphères.
En intégrant des informations de vérité terrain du côté éloigné dans la cartographie géochimique mondiale, cette étude approfondit la compréhension de la structure croûte-manteau, des différences évolutives hémisphériques ainsi que de la formation et de l’évolution du bassin SPA.
Il fournit des conseils quantitatifs de haute précision pour la sélection des futurs sites d’atterrissage, l’exploration des ressources et la planification des missions d’exploration lunaire.
La sonde Chang’e-6 a été lancée par la Chine le 3 mai 2024. Le 25 juin 2024, son retour s’est posé dans le nord de la Chine, ramenant 1 935,3 grammes d’échantillons de la face cachée de la Lune.
