Pendant quatre années consécutives, le président chinois Xi Jinping a rejoint ses collègues députés de la délégation du Jiangsu lors des Deux Sessions, les rassemblements annuels de la plus haute législature et du plus haut organe consultatif politique du pays, pour délibérer sur l’avenir de l’une des plus grandes provinces économiques de Chine.
En 2023, les orientations de Xi se sont concentrées sur un développement de haute qualité. En 2024, elle s’est orientée vers l’adaptation de nouvelles forces productives de qualité aux conditions locales. En 2025, l’appel était lancé aux puissances économiques pour qu’elles jouent un rôle majeur dans le développement national. Jeudi, la consigne s’est encore durcie : ces provinces doivent désormais redoubler d’efforts pour étudier de nouvelles situations et résoudre de nouveaux problèmes.
Les orientations évolutives racontent une histoire cohérente : alors que la Chine entame la période du 15e plan quinquennal (2026-2030), une phase charnière pour faire progresser la modernisation socialiste, ses poids lourds économiques doivent assumer de plus grandes responsabilités pour assurer la croissance nationale.
Les chiffres ne mentent pas : ces provinces sont les moteurs de l’économie chinoise. En 2025, les dix principales économies provinciales de Chine – Guangdong, Jiangsu, Shandong, Zhejiang, Sichuan, Henan, Hubei, Fujian, Shanghai et Hunan – représentaient le chiffre stupéfiant de 62,2 % de la croissance nationale, contribuant à elles seules à hauteur de 3,1 points de pourcentage au PIB chinois. Cette contribution démesurée consolide leur statut de locomotives indispensables du pays.
Leurs objectifs de croissance pour 2026 s’alignent étroitement sur l’objectif national de 4,5 à 5 %. Le Guangdong, le plus grand, vise 4,5 à 5 % ; Jiangsu pour 5 % ; Shandong pour plus de 5 % ; Zhejiang pour 5 à 5,5 %. Le Sichuan et le Hubei visent environ 5,5 %, tandis que le Henan, le Fujian, Shanghai et le Hunan visent environ 5 %. Beaucoup se sont également engagés à dépasser les objectifs formels grâce à une mise en œuvre déterminée, correspondant à l’engagement du gouvernement central à s’efforcer d’obtenir de meilleurs résultats dans la pratique.
Leur poids économique ne tient pas seulement à leur ampleur. Ces provinces, regroupées sur la côte chinoise et dans des centres industriels clés, sont à l’avant-garde des efforts de réforme et d’ouverture du pays. Ils disposent de pôles de fabrication de pointe de classe mondiale, d’une forte intensité de R&D et d’écosystèmes d’innovation matures, ce qui en fait des incubateurs de percées technologiques. Leur industrialisation et leur commercialisation avancées leur confèrent également une résilience cruciale face aux vents contraires extérieurs.
Alors que débute le nouveau plan quinquennal, ces puissances régionales sont confrontées à une double tâche : naviguer dans un paysage mondial plus instable tout en s’attaquant à des défis nationaux profondément enracinés.
Au cœur de la prochaine phase de développement de la Chine se trouve la recherche de nouvelles forces productives de qualité, un concept faisant référence à une productivité axée sur l’innovation et à haut rendement, soutenue par les percées technologiques, la modernisation industrielle et la réforme institutionnelle.
Les orientations du président chinois pour les principales économies provinciales, présentées lors des délibérations de jeudi, sont sans équivoque : avant tout, diriger la charge vers de nouvelles forces productives de qualité. Cela signifie:
Garantir de nouvelles percées dans les technologies de base pour remporter la course technologique mondiale.
Forger de nouvelles voies reliant les laboratoires aux marchés, reliant l’innovation, l’industrie, le capital et le talent.
Ouvrir de nouveaux horizons en modernisant les secteurs traditionnels tout en favorisant les industries émergentes et futures.
Et obtenir des résultats grâce à des réformes qui éliminent les obstacles institutionnels qui freinent le progrès.
Une deuxième priorité consiste à renforcer la résilience économique. En tant que piliers de l’économie nationale, les grandes provinces constituent la première ligne de défense contre les chocs extérieurs. Cela nécessite une intégration plus profonde dans le marché national unifié – un effort de longue date visant à construire un marché intérieur homogène pour les biens, les services et les facteurs de production – une plus grande ouverture de haut niveau aux marchés mondiaux et l’adoption d’une mentalité de résultat pour se prémunir contre divers risques.
Le troisième pilier est la prospérité pour tous, objectif déterminant de la modernisation chinoise. Pour les principales régions de Chine, cela se traduit par des politiques visant à développer l’emploi de haute qualité, à augmenter les revenus des ménages urbains et ruraux, à améliorer les services publics et à renforcer la sécurité sociale. L’objectif est de garantir que les fruits de la croissance soient distribués plus loin et plus largement.
Pris ensemble, ces objectifs positionnent les principales provinces économiques chinoises comme des catalyseurs de l’innovation, des points d’ancrage de la résilience macroéconomique et des bases d’une croissance inclusive. Leur capacité à agir sur ces fronts façonnera non seulement leurs propres trajectoires, mais aussi l’orientation du développement national de la Chine dans un monde plus fragmenté et plus compétitif.
