Un examen des titres des médias étrangers couvrant les deux sessions annuelles chinoises au cours des deux dernières années révèle un changement notable. En 2025, les gros titres avaient tendance à présenter la Chine dans un récit de « confrontation, de représailles et de pression économique ». En revanche, les gros titres de 2026 placent plus souvent la Chine dans le contexte de « stabilité, communication et gestion des risques ».
Ce changement suggère un recalibrage de la manière dont les médias étrangers définissent le rôle de la Chine – de « partie en conflit » à « une variable clé dans la dynamique mondiale du risque ».
Au cours des Deux Sessions de 2025, l’utilisation intensive par les médias étrangers de verbes orientés vers le conflit est devenue la caractéristique déterminante de leur couverture de la Chine. Par exemple, Associated Press (AP) a écrit : « La Chine ripostera contre les tarifs douaniers américains ». Dans le même temps, Reuters titrait « Les grandes puissances ne devraient pas intimider les faibles », déclare le ministre chinois des Affaires étrangères », et soulignait dans le journal que la Chine « contrerait résolument » la pression américaine.
Ces titres n’ont pas été rédigés principalement pour transmettre la vision que la Chine souhaitait projeter. Au lieu de cela, ils ont présenté la Chine en fonction de la façon dont elle répondait aux pressions des États-Unis. Dans ce récit, la Chine apparaît largement comme un acteur réactif dans un cycle de confrontations aller-retour.
Pendant ce temps, les médias étrangers avaient tendance à présenter la Chine en termes de pression économique croissante et de contrôle politique strict. Le journal britannique The Guardian a titré « Deux sessions étroitement chorégraphiées s’ouvrent à Pékin alors que l’ordre mondial est en déroute ». Dans son rapport sur la couverture des deux sessions 2025, le média a également souligné l’approche de la Chine pour répondre aux droits de douane, à la pression sur le secteur des exportations et aux signes d’un ralentissement économique.
Le titre et le magazine présentent la Chine comme un pays soumis à un contrôle politique strict tout en étant confronté à des pressions internes et externes.

Cependant, la couverture des Deux Sessions de 2026 dans les médias étrangers révèle un changement notable dans la formulation des gros titres.
Deux exemples représentatifs sont un rapport de Reuters intitulé « La Chine affirme que les négociations avec les États-Unis sont vitales alors que Trump cible les principaux partenaires de Pékin » et un rapport de l’AP, « La Chine espère que 2026 sera une « année historique » pour ses relations avec les États-Unis. »
Par rapport à 2025, les verbes centraux sont passés de « riposter » et « contrer » à « parler » et « espérer » – un changement linguistique suggérant un ajustement dans la manière dont les médias étrangers définissent le rôle de la Chine. Plutôt que de présenter la Chine principalement comme un pays en représailles, les gros titres la présentent de plus en plus comme un gestionnaire de relations, un communicateur de risques et un acteur du maintien de la stabilité stratégique.
La formulation de Reuters est particulièrement révélatrice. En qualifiant les « pourparlers » de « vitaux », le titre va au-delà du simple rapport de la déclaration de la Chine et présente implicitement la Chine comme une variable stabilisatrice dans le paysage international.
Le changement dans les gros titres est encore plus évident dans la couverture médiatique de l’Associated Press (AP). En 2025, les gros titres de l’AP se sont largement concentrés sur les « représailles » de la Chine contre les tarifs douaniers américains. Cependant, d’ici 2026, le discours a évolué vers une « année historique » pour les relations sino-américaines.
Ce changement suggère que l’interprétation que fait le média des signaux diplomatiques de la Chine au cours des deux sessions a également changé : la Chine ne devrait plus être considérée principalement comme un intervenant dans une guerre commerciale, mais plutôt comme un pays cherchant à rééquilibrer les relations bilatérales et à élargir l’espace d’un engagement de haut niveau.
De tels changements dans la perception de la Chine par les médias étrangers peuvent être observés sous trois aspects principaux. D’abord, de « représailles » à « communicateur ». En 2025, les gros titres avaient tendance à mettre l’accent sur les réponses directes de la Chine aux politiques américaines, avec un usage fréquent de verbes conflictuels tels que « riposter » et « contrer ». En 2026, cependant, les termes de collaboration incluant « espoirs » et « pourparlers » ont sensiblement augmenté. Cela suggère que les médias étrangers commencent à considérer la Chine moins comme un acteur actif dans la confrontation et davantage comme une partie aux négociations contribuant à la stabilité.
Deuxièmement, d’un « cadre de conflit bilatéral » à un « cadre de risque mondial ». En 2025, la couverture médiatique avait tendance à placer la Chine dans des récits centrés sur la « guerre commerciale sino-américaine » ou sur le « système politique chinois ». D’ici 2026, la Chine se positionnera de plus en plus dans des discours plus larges tels que les erreurs de calcul mondiales, les guerres régionales et l’ordre international. En particulier, les médias étrangers associent de plus en plus les déclarations chinoises à l’Iran, au Moyen-Orient et à l’ordre mondial, indiquant que la Chine n’est plus considérée simplement comme un rival des États-Unis, mais comme une variable clé dans la gestion des risques mondiaux.
Troisièmement, d’une « Chine rigide » à une « Chine stratégiquement flexible ». En 2025, les médias étrangers utilisaient souvent des expressions telles que « étroitement chorégraphié » pour souligner ce qu’ils percevaient comme la rigidité et l’étroitesse du système politique chinois. Même si ces perceptions sous-jacentes n’ont pas disparu en 2026, les gros titres soulignent de plus en plus la flexibilité stratégique de la Chine : elle maintient un discours dur sur les questions impliquant l’Iran et le Japon, tout en mettant l’accent sur la communication sino-américaine, les interactions entre les chefs d’État et les efforts visant à stabiliser les relations.
