Les consultations économiques et commerciales sino-américaines aboutissent à 10 résultats majeurs

En septembre, les équipes économiques et commerciales chinoises et américaines sont parvenues à un consensus sur dix résultats majeurs à l’issue de consultations tenues à New York et à Washington du 20 au 23 septembre.

Les progrès réalisés sur trois plates-formes – le conseil commercial, le conseil d’investissement et le dialogue sur l’intelligence artificielle (IA) – ont non seulement fourni une substance économique concrète à la rencontre entre les deux chefs d’État, mais ont également jeté une base institutionnelle plus solide pour la stabilité à long terme des relations économiques et commerciales sino-américaines.

Parmi ces trois plateformes, le Conseil de commerce sino-américain a été créé dans le cadre du mécanisme de consultation économique et commerciale sino-américaine, avec pour objectif principal d’optimiser le commerce bilatéral. Il fera progresser les discussions de suivi sur le cadre de réduction tarifaire réciproque « 30 pour 30 », et un groupe de travail dédié à l’agriculture a également été créé. Le Conseil d’investissement sino-américain engagera un dialogue régulier sur les opportunités et obstacles potentiels à l’investissement, améliorera la transparence et la prévisibilité des politiques conformément aux lois et réglementations de chaque pays et répondra aux préoccupations légitimes des entreprises. Le dialogue sur l’IA, dirigé par le vice-Premier ministre chinois He Lifeng et le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, a déjà tenu son premier cycle. Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur les risques et les avantages liés à l’IA et sont convenues d’établir un canal de communication pour les incidents liés à l’IA.

Ensemble, les trois plates-formes couvrent le commerce, l’investissement et la technologie, créant des canaux dédiés à la communication bilatérale dans chaque domaine. La création de ces trois canaux répond à une faiblesse majeure des relations économiques et commerciales sino-américaines de ces dernières années.

Auparavant, lorsque des chocs majeurs tels que des droits de douane, des contrôles à l’exportation ou des listes d’entités se produisaient, des lacunes dans la communication régulière conduisaient souvent les deux parties à recourir à des consultations ad hoc. Grâce aux conseils permanents et aux mécanismes de dialogue désormais en place, de nombreuses questions spécifiques peuvent d’abord être abordées au niveau opérationnel plutôt que de faire l’objet de discussions de haut niveau à chaque fois.

Le conseil commercial peut se concentrer sur des listes de produits spécifiques faisant l’objet de réductions tarifaires et de mesures plus larges visant à renforcer le commerce bilatéral. Le conseil d’investissement peut s’attaquer aux obstacles à l’accès au marché et aux préoccupations légitimes des entreprises. Le dialogue sur l’IA peut se concentrer sur la gestion des risques et les avantages du développement technologique. Chaque plateforme remplira son rôle respectif. Une fois opérationnels, ces mécanismes de communication permettront de gérer et de résoudre de nombreux points de friction grâce à un dialogue régulier, renforçant considérablement la résilience des relations économiques et commerciales sino-américaines.

Des conteneurs maritimes sont empilés au port de Los Angeles à San Pedro, Californie, États-Unis, le 25 septembre 2026. /VCG

Après plusieurs séries de consultations, la Chine et les États-Unis ont convenu de réduire les droits de douane sur environ 30 milliards de dollars de marchandises importées l’un de l’autre sur une base de réciprocité, les droits de douane sur plus de 90 % des produits couverts devant être abaissés au taux de la nation la plus favorisée. Les deux parties mettront en œuvre les réductions tarifaires simultanément après avoir achevé leurs procédures juridiques nationales respectives.

L’importance clé de cet arrangement réside dans l’établissement d’un nouveau modèle de négociation de réductions tarifaires réciproques. Compte tenu de la nature profondément imbriquée des questions tarifaires sino-américaines, une résolution globale et d’un seul coup est irréaliste. Une approche réciproque, progressive et évolutive offre une certaine flexibilité pour de nouvelles réductions tarifaires à l’avenir. Le conseil commercial devrait s’appuyer sur ce consensus pour aller de l’avant. Cela contribuera non seulement à stabiliser les relations économiques et commerciales sino-américaines, mais créera également des conditions plus favorables au développement des exportations chinoises vers les États-Unis.

L’inclusion du charbon américain dans le cadre de réduction tarifaire représente un ajout important à la liste des produits couverts. Une fois que les réductions tarifaires entreront en vigueur, la Chine bénéficiera de conditions plus favorables pour importer du charbon américain en 2027 et 2028. Pour la Chine, cela constituera un complément utile au marché intérieur du charbon, diversifiera ses sources d’importations d’énergie et contribuera à répondre à la demande intérieure de types spécifiques de charbon. Pour les régions productrices de charbon des États-Unis, cela se traduit par des flux de commandes plus prévisibles et une plus grande stabilité de l’emploi. Cet arrangement apporte donc des avantages tangibles à la fois à la Chine et aux États-Unis. De plus, l’intégration du charbon dans le cadre « 30 pour 30 » démontre que les réductions tarifaires réciproques évoluent d’un concept général vers une mise en œuvre par produit spécifique, rendant le cadre plus pratique.

Le consensus de principe atteint sur les services financiers envoie un signal clair d’une plus grande certitude quant à l’ouverture des marchés. Ces dernières années, la Chine a continué à promouvoir l’ouverture de son secteur des services financiers, une démarche largement reconnue par la communauté internationale, de nombreuses institutions financières américaines bénéficiant déjà de ces mesures. La Chine a explicitement affirmé que, conformément aux lois et réglementations en vigueur, elle traiterait les demandes des institutions financières américaines et étrangères visant à étendre leurs opérations et à établir des succursales en Chine. Dans le même temps, la Chine attend des États-Unis qu’ils offrent un environnement politique juste, transparent et stable aux institutions financières chinoises. Pour les institutions financières multinationales, des procédures d’approbation prévisibles et un environnement réglementaire stable sont souvent bien plus importants que des allègements fiscaux à court terme. Le dialogue régulier du conseil d’investissement sur les obstacles à l’investissement fournira également un canal durable pour suivre et répondre à ces préoccupations. Dans le même temps, l’ouverture réciproque du marché des services financiers fait partie intégrante de l’approfondissement des relations économiques et commerciales sino-américaines.

La création du groupe de travail sur l’agriculture s’appuie sur les progrès réalisés lors des consultations en mai de cette année. À cette époque, la Chine et les États-Unis étaient parvenus à un consensus constructif sur les principales barrières non tarifaires et l’accès au marché des produits agricoles. Lors de ce dernier cycle, les questions agricoles ont été intégrées au cadre du conseil commercial par le biais d’un groupe de travail co-dirigé par le ministère chinois du Commerce et le Bureau du représentant commercial des États-Unis, avec la participation des agences de réglementation compétentes des deux côtés. La réunion inaugurale du groupe de travail devrait avoir lieu avant la fin de 2026. L’agriculture est un domaine très sensible dans les relations économiques et commerciales sino-américaines et est fréquemment soumise à des vents politiques contraires. Grâce au groupe de travail constituant une plateforme dédiée, les questions spécifiques liées à l’accès au marché et à la réglementation peuvent désormais être traitées systématiquement au niveau technique.

Une moissonneuse-batteuse décharge du maïs dans une charrette à grains près de Forest City, Missouri, États-Unis, le 8 septembre 2026. /VCG

La prolongation de l’accord commun de Kuala Lumpur jusqu’au 10 janvier 2027, la poursuite des discussions sur l’augmentation des vols directs de passagers et la réaffirmation des engagements à mettre en œuvre les accords antérieurs servent principalement à maintenir la continuité opérationnelle et la stabilité stratégique. En octobre 2025, la Chine et les États-Unis sont parvenus à un accord conjoint à Kuala Lumpur pour suspendre certaines mesures tarifaires et non tarifaires jusqu’au 10 novembre 2026. Cette prolongation de deux mois donne aux deux parties la possibilité d’évaluer les progrès de la mise en œuvre et de définir les prochaines étapes. Concernant les vols directs de passagers, les deux parties restent en dialogue permanent et sont convenues de poursuivre leurs échanges de vues sur l’augmentation de la capacité de vol et les arrangements connexes. Avant ce dernier cycle, sept cycles de consultations économiques et commerciales depuis l’année dernière avaient abouti à une série de résultats équilibrés et mutuellement bénéfiques. Lors de ce dernier cycle, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à mettre pleinement en œuvre tous les accords antérieurs, offrant ainsi aux entreprises des attentes politiques plus prévisibles.

Les procédures de travail du conseil professionnel sont désormais publiées. Le conseil d’investissement est destiné à fournir un canal régulier de dialogue sur les opportunités et les obstacles à l’investissement. Le prochain cycle de dialogue sur l’IA devrait avoir lieu d’ici la fin novembre 2026. Le groupe de travail sur l’agriculture devrait également tenir sa réunion inaugurale avant la fin de l’année 2026. Pour que ces délais soient respectés et que ces conseils puissent véritablement fonctionner comme des plateformes de résolution de problèmes, il faudra une volonté politique soutenue et des ressources professionnelles de la part de la Chine et des États-Unis. Si le cadre institutionnel est désormais en place, des règles, agendas et modes de fonctionnement spécifiques doivent être précisés au travers de consultations successives.

Dans le contexte plus large des relations sino-américaines, l’importance de ce cycle de consultations s’étend bien au-delà de l’économie et du commerce. À l’heure où l’économie mondiale est confrontée à une incertitude croissante et à une montée de l’unilatéralisme et du protectionnisme, la Chine et les États-Unis, en tant que deux plus grandes économies mondiales, ont pris des mesures pour institutionnaliser le dialogue dans des domaines clés tels que le commerce, l’investissement et l’intelligence artificielle, tout en négociant des réductions tarifaires réciproques et en élargissant le commerce par produit. Cela en soi comporte une valeur de signal importante.

Les relations économiques et commerciales constituent depuis longtemps un point d’ancrage vital pour la stabilité des relations sino-américaines. La création de ces mécanismes solidifie ces fondations et donne une dynamique soutenue à la coopération future. Le sommet entre les deux chefs d’État a défini l’orientation stratégique de la coopération économique et commerciale. Cette série de consultations a traduit cette orientation en arrangements institutionnels réalisables et en résultats concrets.