Royaume-Uni : dernier budget avant le Brexit

Royaume-Uni : dernier budget avant le Brexit

Le Budget est un exercice de haute voltige pour tous les Gouvernements. Entre les arbitrages ministériels, une croissance indécise et un contexte international compliqué, les budgets rectificatifs sont devenus la norme. Autant dire que le travail du ministre britannique de l’Economie est des plus ardu avec un Brexit qui se profile dans quelques mois, mais dont personne n’en connaît encore la teneur. Pourtant le budget dévoilé ce 29 octobre 2018 est un petit bijou en matière de dépenses publiques.

Le Brexit suscite d’innombrables questions dont l’une des principales est l’impact sur les domaines économique et financier. L’incertitude la plus complète règne actuellement et le chancelier de l’Echiquier a dû boucler un budget 2019 avec bon nombre d’inconnues dans l’équation. Côté bonne nouvelle, la croissance a été revue à la hausse par l’organisme semi-indépendant de l’Office for Budget Responsability. Prévue à 1,3 %, elle a été revue à la hausse à 1,9 %. Ce sont ainsi 13 milliards de livres supplémentaires qui pourront être utilisés par le Gouvernement.

Cette double perspective favorable fait dire au chancelier de l’Echiquier, Philip Hammond, que « l’ère de l’austérité est en train de se terminer mais la discipline sera maintenue ». Après huit années d’efforts, les Britanniques voient peut-être le bout du tunnel avec des dépenses qui vont augmenter notamment dans le domaine de la santé. Le système de santé publique devrait bénéficier d’une enveloppe d’environ 20,5 milliards de livres par an au cours des prochains exercices. Les taxes sur les carburants vont être gelés et viennent faire écho à la grogne qui commence à monter en France autour de hausses régulières et conséquentes.

Autre écho à une politique qui ne passe pas – au niveau européen cette fois – le Gouvernement britannique compte sur une taxe sur les géants de l’Internet. Ce sont 400 millions d’euros par an qui devraient ainsi atterrir dans les caisses de l’Etat. Une belle somme à comparer à celle inexistante qui sera prélevée au niveau européen faute d’un accord sur le sujet. Le message que veut faire passer le Royaume-Uni est clair. Mieux vaut être seul et actif que nombreux et impotent. Un message très politique qui n’empêchera pas les nombreux partisans du maintien au sein de l’Union d’espérer un retour en arrière qu’ils jugent salutaire.

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