Fin de l’aventure Conte : l’Italie sans Gouvernement

Fin de l’aventure Conte : l’Italie sans Gouvernement

La politique italienne est décidément insaisissable. Après des mois de négociations, La Ligue et le Mouvement étoiles se sont mis d’accord pour constituer un Gouvernement de coalition, mais c’était sans compter sur l’intransigeance du président de la République. Ce dernier n’a pas validé la nomination du ministre de l’Economie et Giuseppe Conte a remis son mandat entre les mains du président. De nouvelles élections sont attendues à la rentrée.

L’Italie est-elle vraiment gouvernable ? La question se pose depuis des décennies et le dernier épisode rocambolesque vient renforcer l’impression que l’Italie n’est pas un pays comme les autres. Après des élections en mars qui ont vu une majorité de droite se dessiner, une coalition regroupant la Ligue et le mouvement 5 étoiles (de gauche) a finalement été conclue. Il ne restait plus qu’à valider les nominations ministérielles par le président de la République, mais la nouvelle équipe dirigée par le novice en politique, Guiseppe Conte, n’a pas survécu à cet écueil.

Tous les membres de l’équipe gouvernementale ont reçu l’aval présidentiel sauf Paolo Savono, un économiste de 81 ans destiné au ministère de l’Economie. Très eurosceptique et militant pour la sortie de l’euro, son profil était trop marqué pour que le président Mattarella s’autorise à ne pas mettre son veto. Un droit constitutionnel qui est en opposition frontale avec le refus de la coalition de proposer un autre nom pour ce poste stratégique.

Dans l’impasse, Giuseppe Conte a préféré jeter l’éponge. « J’ai remis le mandat qui m’avait été confié par le président Mattarella pour former le gouvernement du changement ». La coalition enrage et crie au déni de démocratie d’autant plus que le président Mattarella songe à constituer lui-même un Gouvernement sous l’autorité d’un autre économiste, Carlo Cottarelli.

Ancien de la Banque centrale italienne et du FMI, Carlo Cottarelli est surnommé « M. Ciseaux » pour sa propension à faire des coupes sombres dans le budget de l’Etat. Un profil d’expert bien éloigné des résultats du scrutin de mars 2018. Si un tel gouvernement parvenait au pouvoir, il s’occuperait des affaires courantes jusqu’aux prochaines élections qui devraient se tenir en septembre ou octobre prochain.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.