Quand la Corée du Nord encense Donald Trump

Quand la Corée du Nord encense Donald Trump

Avant l’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Sud étaient claires. Une animosité entretenue soigneusement empêchait tout contact entre les deux grands protagonistes de la guerre de Corée. L’actuel président américain a dans un premier temps menacé Pyongyang avant d’inviter le président coréen à la table des négociations. Les trois rencontres historiques n’ont pas permis de réelles avancées, et la relation s’est quelque peu tendue. C’est pourquoi, le « sens politique » et la « détermination » du président Trump loués par le conseiller au ministère nord-coréen des Affaires étrangères annoncent peut-être un réchauffement entre les deux pays.

Peu d’informations sortent de la Corée du Nord. Les officiels du pays s’expriment très peu, alors les rares messages qu’ils font passer sont analysés avec beaucoup d’intérêt. Kim Kye Gwan, conseiller au ministère nord-coréen des Affaires étrangères s’est exprimé dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle du régime, KCNA. A l’image des observateurs étrangers, Kim Kye Gwan juge que les trois rencontres entre Kim Jong Un et Donald Trump (juin 2018, février et juin 2019) « ont été des occasions historiques » permettant aux deux protagonistes d’« exprimer leur volonté politique de mettre un terme » à la relation hostile entre Pyongyang et Washington.

Des « occasions historiques », mais pas vraiment d’avancée, car les Etats-Unis n’auraient finalement « rien fait pour appliquer la déclaration commune » de juin 2018. La Corée du Nord aurait, quant à elle, fait preuve d’« efforts sincères pour établir la confiance » sans que cela n’influence positivement les Etats-Unis. Le conseiller poursuit en affirmant que les « politiciens à Washington sont obsédés par l’affirmation ”désarmement nucléaire d’abord” (…) Cela me fait douter qu’une nouvelle percée soit possible lors d’un futur sommet », ajoute-t-il.

Pourtant, Kim Kye Gwan ne met pas tous les « politiciens » dans le même sac. Selon lui, un homme sort du lot : « j’ai constaté que le président Trump est différent de ses prédécesseurs en termes de sens politique et de détermination (…) Je souhaite donc placer mon espoir dans les choix sages et les décisions courageuses du président Trump ». Parmi ces « choix sages », les Coréens du Nord pensent certainement au limogeage il y a deux semaines de John Bolton, le conseiller américain à la sécurité nationale dont les points de vue divergeaient de plus en plus avec le président américain.

Bolton avait évoqué un « modèle libyen » pour traiter avec la Corée du Nord, c’est-à-dire s’assurer de la fin du programme nucléaire avant de liquider quelques années plus tard le régime et son leader. Des propos qui avaient suscité l’ire de Pyongyang. Les autorités coréennes ont donc vu d’un bon œil le départ de Bolton, mais rien n’est joué dans leur relation avec les Etats-Unis. Nul doute que la sortie très contrôlée du dignitaire nord-coréen devrait plutôt plaire au locataire de la Maison Blanche.

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