Un nouveau genre de tourisme soulève des critiques en Syrie

Un nouveau genre de tourisme soulève des critiques en Syrie

Alors que la Syrie entre dans sa neuvième année de guerre, un nouveau type de tourisme
international soulève de nombreuses questions.

La recherche de sensations fortes


Alors que 500 000 personnes ont été tuées au cours de la guerre toujours en cours et que
plus de 11 millions de Syriens ont fui leurs maisons, des touristes viennent dans les ruines
du pays chercher des sensations fortes.


Malgré les conseils opposés de presque tous les gouvernements du monde, le voyage en
Syrie semble faire des adeptes. Quelques agences de tourisme et blogueurs spécialisés
dans les voyages «extrêmes» proposent des formules sur-mesure, avec des «excursions
dans les villages détruits» ou des visites archéologiques dans «Palmyre après Isis» ou de
faire l’expérience «de la nouvelle vie nocturne de Damas».


Des circuits d’une semaine sont proposés dans la vieille ville de Damas, au Krak des
Chevaliers, un site du 11e siècle près de Homs, ou à Palmyre dans le désert de l’Est. Tous
ces sites ont été touchés par des attaques de l’État Islamique depuis 2017.


Visiter des endroits associés à la mort et à la tragédie serait une nouvelle tendance du
tourisme contemporain. Cependant, le tourisme dans un pays encore en guerre est un
phénomène récent qui a pu se développer à travers les médias sociaux et ses
influenceurs en quête de destinations interdites ou d’une liste exhaustive des 195 pays du
globe enfin visités.

Un pays toujours en souffrance


Des entreprises de tourisme chinoises, russes, mais aussi des blogueurs européens
spécialisés vendent à prix d’or des «expériences uniques» désormais fortement critiquées
par les syriens qui gardent conscience du fait que la guerre n’est pas terminée et que la
souffrance est partout dans le pays et au-delà.


Les Syriens demandent aux visiteurs de ne pas banaliser leurs relations avec le régime de
Bashar al-Assad par le tourisme. Selon certains Syriens, ces voyages permettraient au
régime de se blanchir des atrocités commises envers la population syrienne et créeraient
un décalage douloureux avec la réalité des populations déplacées qui, quand à elles, ne
pourront jamais rentrer dans leur pays.

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