La Moldavie s’écarte (un peu) de l’Union européenne

La Moldavie s’écarte (un peu) de l’Union européenne

Les élections législatives en Moldavie ont accouché de résultats qui n’arrangent personne. Les pro-russes remportent le scrutin, mais les trois partis arrivés en tête peuvent prétendre gouverner s’ils arrivent à former une coalition. C’est le cas de la majorité sortante qui paie aujourd’hui ses trop nombreuses incartades vis-à-vis de la démocratie. Les électeurs moldaves ne croient plus aux promesses d’oligarques qui se sont enrichis en tenant un discours pro-européen qui a suffi à débloquer des aides venues de Bruxelles.

Tous les scrutins dans les anciens pays du bloc soviétique sont scrutées à la loupe afin d’évaluer la trajectoire de l’influence russe sur les électeurs. Les élections législatives moldaves ne font pas exception et si le parti pro-russe est arrivé en tête, c’est un autre aspect qui inquiète particulièrement à Bruxelles. En remportant 31,4 % des voix, le parti socialiste du président Igor Dodon, les forces pro-russes ont surtout bénéficié de l’essoufflement de la majorité. Décriée et considérée à bien des égards corrompue, la gouvernance du PDM et de son chef de fil Vlad Plahotniuc ne séduit plus qu’environ un cinquième des votants. Le taux de participation dépasse d’ailleurs à peine 49 %, ce qui illustre le rejet de la politique de manière générale.

Le pourrissement de la situation est due à l’usure d’un pouvoir qui a su prononcer de beaux discours pro-européens tandis qu’il s’écartait des principes démocratiques dans les faits. Un à un, les contre-pouvoirs sont tombés dans l’escarcelle de Vlad Plahotniuc jusqu’aux tribunaux où la corruption est la norme. Heureux d’avoir affaire avec un Européen de papier, Bruxelles s’est voilé la face et n’a pas demandé des comptes malgré les sommes importantes dirigées vers Chisinau. 800 millions d’euros de fonds européens ont été octroyés entre 2010 et 2015. Les sommes sont colossales et les Moldaves se demandent dans quels équipements elles sont passées.

L’élection de ce dimanche est le signe que l’UE n’a plus le droit à l’erreur dans un pays géographiquement proche de la Russie, mais dont l’économie est bien plus tournée vers l’Europe. Les déceptions peuvent in fine engendrer de grands bouleversements. Pour rappel, la Transnistrie, territoire pro-russe qui échappe au contrôle de Chisinau continue de constituer un levier de pression sur un pays au personnel politique souvent plus préoccupé par son destin personnel que par la fortune de leurs concitoyens.

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