Affaire Khashoggi : « un assassinat politique » selon la Turquie

Affaire Khashoggi : « un assassinat politique » selon la Turquie

Après trois semaines pendant lesquels les détails les plus macabres et démentis se sont succédé, le président turc a pour la première fois réagi officiellement dans cette affaire. Selon lui, le journaliste Jamal Khashoggi a été victime d’ « un assassinat politique », « planifié » en Arabie Saoudite. Si le président turc se garde d’incriminer directement le prince héritier saoudien, tous les indices désignent l’homme fort du régime comme l’instigateur d’un crime aux conséquences politiques encore floues.  

Jamal Khashoggi est mort. C’est aujourd’hui le seul fait sur lequel toutes les parties prenantes à cette sombre affaire sont d’accord. Après deux semaines de dénégations, l’Arabie Saoudite a finalement avoué que le journaliste travaillant pour le Washington Post était bien décédé au Consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul à la suite d’une « rixe » qui avait « mal tourné ». Un scénario démenti par plusieurs sources anonymes notamment issus des premiers cercles du pouvoir turc.

Ce mardi 22 octobre, Recep Tayyip Erdogan a pris la parole devant le groupe parlementaire de l’AKP et n’a pas mâché ses mots. Le président turc assure qu’il s’agit d’ « un assassinat politique » qui a été « planifié ». Si aucun nom quant au commanditaire n’a été donné, Erdogan assure que « tous les éléments et preuves qui ont été découverts indiquent que Jamal Khashoggi a été victime d’un meurtre sauvage ». La Turquie semble garder quelques atouts dans sa manche tout en mettant en difficulté un pouvoir saoudien qui n’a aucune réponse à donner à des questions aussi légitimes que précises.

Où est le corps de Jamal Khashoggi ? Pourquoi un commando d’une quinzaine de personnes dont un médecin légiste est-il venu spécialement au Consulat d’Istanbul au moment des faits ? Pourquoi l’un des membres du commando a-t-il pris soin de sortir du bâtiment vêtu des vêtements de la victime ? Beaucoup de questions sans réponse qui font dire aujourd’hui à Donald Trump que la mort du journaliste est « l’une des pires opérations de dissimulation de l’histoire ».

Le président américain commence à s’énerver, mais semble vouloir protéger un allié saoudien qualifié d’ « excellent ». Contrairement à l’Allemagne, Trump se refuse pour le moment à toute sanction contre l’Arabie Saoudite, mais n’a pas pu s’empêcher de ponctuer sa dernière déclaration d’un jugement sévère : C’est une partie du monde difficile, c’est un sale endroit, une sale partie du monde. Mais s’il s’est effectivement passé ce que l’on croit qu’il s’est passé, et si les faits le confirment, c’est vraiment quelque chose de grave ».

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.