Istanbul dit oui à Ekrem Imamoglu

Istanbul dit oui à Ekrem Imamoglu

C’était une élection attendue dans toute la Turquie et parfois même au-delà. La course à la mairie d’Istanbul a tenu toutes ses promesses et c’est finalement le candidat de l’opposition qui a confortablement remporté une majorité des suffrages. Ekrem Imamoglu compte plus de 800 000 voix d’avance sur son principal adversaire et est ainsi à l’abri de contestations qui l’avaient obligé à repasser par les urnes. La victoire est d’autant plus importante qu’elle signe un coup d’arrêt pour un AKP du président Erdogan qui semblait intouchable depuis sa mise en orbite en 2002.  

Ekrem Imamoglu est un homme heureux. Obligé de refaire campagne après son court succès (13 000 voix d’avance) lors des municipales de mars 2019, celui qui fait figure d’épouvantail pour l’AKP a gagné sans coup férir la revanche de ce dimanche 23 juin. Elu avec 54 % des voix contre 45 % pour son adversaire, Binali Yildirim, Imamoglu a pris la tête de 28 des 39 arrondissements d’Istanbul. Un très bon score – bien plus large qu’au scrutin précédent où seuls 15 arrondissements avaient été pris des mains de Binali Yildirim.

Ce sont 806 000 voix qui séparent les deux principaux protagonistes d’un match où deux autres candidats ont cumulés 1 % des suffrages. Le combat s’est donc – comme prévu – joué entre deux conceptions politiques. Celle de Binali Yildirim, ancien Premier ministre et fidèle représentant de l’AKP et du président Erdogan et celle d’Ekrem Imamoglu, figure de l’opposition appréciée pour son sens de la mesure. C’est le second qui l’a emporté et cet échec de l’AKP constitue une défaite personnelle pour Erdogan dont l’ascension politique avait débuté à Istanbul même avec son élection au poste de maire en 1994.

Au-delà du symbole d’une ville autrefois détenue par l’actuel président, le scrutin stambouliote est très important, car Istanbul est la plus grande ville du pays (16 millions d’habitants) et son principal moteur économique (un tiers du PIB). La défaite de l’AKP n’est d’ailleurs pas étrangère aux difficultés financières et économiques rencontrées depuis de longs mois par un pouvoir qui parvient difficilement à enrayer un déclassement de la livre turc. Le pays est en souffrance et les discours aussi martiaux soient-ils ne font plus recette pour mobiliser les électeurs. Istanbul : un rappel à l’ordre pour l’AKP ou début de la chute du président Erdogan ?

 

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