Le budget italien toujours ciblé par Bruxelles

Le budget italien toujours ciblé par Bruxelles

Rome Et Bruxelles n’en ont pas fini avec leur bras de fer concernant le budget italien. Déjà malmenée par les agences de notation, l’Italie n’a pas réussi à convaincre la Commission européenne du sérieux de son budget. Des « clarifications » sont attendues par les Européens aujourd’hui avant un débat prévu au sein de la Commission ce mardi.  

La tempête tonne contre Rome et les bourrasques soufflent même au sein de la coalition gouvernementale italienne. En présentant un budget en déficit de 2,4 % en 2019, le gouvernement italien a attiré les inquiétudes de la Commission européenne, mais aussi des agences de notation. Ainsi, les titres d’Etat italiens ont été déclassés vendredi dernier par l’agence Moody’s. Ils sont passés de Baa2 à Baa3, soit le dernier échelon avant d’être considérés comme des junk bonds spéculatifs. La Bourse italienne est en recul et le seul sectaire bancaire italien est en apnée avec -35 % depuis mai dernier (date du début des négociations pour former une coalition).

Le gouvernement connaît d’ailleurs des remous sur la question du budget puisque Luigi Di Maio a recadré le ministre de l’Economie qui avait suggéré des efforts pour faire passer le déficit de 2,4 % à 2,1 % du PIB. Un chiffre souhaité par la Commission européenne qui attend aujourd’hui des « clarifications » du gouvernement italien. Ce dernier est invité prendre en compte les observations de la Commission afin de rassurer son monde et de ne pas « relancer la dette ». Cette inquiétude exprimée par Bruxelles sera-t-elle prise en compte par les Italiens ?

Si le ton est plus mesuré entre les acteurs de cet épisode budgétaire, les prises de position semblent pour le moment irréconciliables. Chacun campe sur ses positions et ce sont peut-être les marchés qui vont jouer le rôle d’arbitre. Rome est dans l’œil du cyclone avec déjà 67 milliards d’euros de titres d’Etat qui ont été vendus par les investisseurs internationaux depuis mai 2018. L’Italie ne pourra pas faire face à une grosse vague de défiance de la part des marchés avec le fardeau de 2 300 milliards d’euros de dette qu’elle porte déjà.

Le conflit entre la Commission européenne et Rome est à un tournant et tous les scenarii sont possibles. Un gagnant et un perdant, deux perdants ou deux gagnants. Tout dépendra de la qualité d’écoute de deux acteurs jusque-là incapables de se comprendre et de travailler ensemble.

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