Démissionnaire, Conte tire à boulets rouges sur Salvini

Démissionnaire, Conte tire à boulets rouges sur Salvini

La coalition entre le Mouvement 5 étoiles et La Ligue est officiellement terminée. Le Premier ministre Giuseppe Conte a remis sa démission au président de la République Sergio Mattarella hier dans la soirée. Plus tôt dans la journée, Conte a pris la parole devant les sénateurs et a défendu son bilan. Une défense classique qui s’est transformée à de nombreuses reprises en attaques contre Matteo Salvini, le désormais ex-ministre de l’Intérieur, responsable de la crise gouvernementale actuelle.

Quatorze mois d’une improbable alliance et une chute soudaine que peu avaient vu venir à ce moment là. La coalition des deux extrêmes a tenu beaucoup plus longtemps qu’imaginé par les plupart des observateurs politiques et sa chute est finalement le résultat d’un coup tactique de l’homme fort du pays : Matteo Salvini. Ce dernier a déclenché la fin de cette période gouvernementale en appelant le 8 août dernier à des élections législatives. Un coup de force institutionnel dont a pris acte le Premier ministre Conte qui ne s’est pas privé de dire tout haut ce qu’il pensait de son désormais ex-ministre. 

Devant les sénateurs, le Premier ministre démissionnaire a analysé le fonctionnement de ce que fut son gouvernement. Une machine qui n’a pas pu accomplir tout ce qu’elle pouvait à cause de «  la poursuite d’un intérêt électoral personnel permanent compromettant l’intérêt général  ». Des propos qui visent explicitement Matteo Salvini accusé d’« opportunisme politique ». Salvini a en effet décidé sa carte personnelle en mettant fin à la coalition avec l’espoir de trouver une majorité dans les urnes qui lui permettra de se passer du Mouvement 5 étoiles.

Avec des sondages qui donnent La Ligue en tête avec 36 % à 38 % des voix, le parti de Salvini pourrait s’allier au parti d’extrême droite Fratelli d’Italia sans même à devoir composer avec Forza Italia de Silvio Berlusconi. Une stratégie absolument pas approuvée par Giuseppe Conte qui a pris à parti son ancien ministre de l’Intérieur : « Ta façon d’appeler à la mobilisation du peuple sur les places me préoccupe. Nous n’avons pas besoin de personnes ayant les pleins pouvoirs mais de personnes ayant la sensibilité des institutions et le sens des responsabilités  ». Conte reproche à Salvini sa « grave carence de culture constitutionnelle  ».

Une attaque musclée à laquelle Salvini a répondu : « Si c’était à refaire, je referai tout ce que j’ai fait  ». Il a une nouvelle fois évoqué les prochaines élections en affirmant que seuls les Italiens étaient en mesure de le juger et qu’il n’avait « pas peur » de leur prochaine sentence. Reste à savoir si des élections auront bien lieu, car en coulisses l’opposition s’active pour renverser les fronts et créer une nouvelle coalition qui rejetterait La Ligue dans l’opposition. Des tractations auraient lieu entre Beppe Grillo (M5S) et Matteo Renzi, l’ancien Premier ministre qui avait justement refusé de s’allier avec M5S ouvrant ainsi les portes du pouvoir à une improbable coalition gouvernementale. Les cartes sont aujourd’hui redistribuées et personne ne possède un jeu parfait qui lui assurera le pouvoir.

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