Les Britanniques importent de France en prévision du Brexit

Les Britanniques importent de France en prévision du Brexit

Depuis le vote en faveur du Brexit par referendum, beaucoup a été dit sur les effets réels ou fantasmés de ce bouleversement politique. Tous les aspects économiques ont fait l’objet de controverses et le temps des premiers bilans est arrivé. C’est en tout cas possible en ce qui concerne les importations en Grande-Bretagne. Les entreprises et les consommateurs britanniques ont tendance à faire des stocks en prévision du Brexit et cela profite aux exportateurs français.

Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres. C’est ce que vivent actuellement les Britanniques et les Français à quelques mois de la sortie effective du Royaume-Uni de l’UE. La date butoir a été repoussée au 31 octobre prochain et le mouvement enregistré depuis quelques semaines entre le Royaume-Uni et la France devrait donc se poursuivre. Un mouvement qui consiste en une irrépressible envie de produits finis ou semi-finis venus de France. Alors que les exportations françaises sont en recul dans tous les pays de l’UE au troisième trimestre 2018, les exportations vers la Grande-Bretagne ont progressé.

Rien qu’au début de l’année 2019, ce sont 1,3 milliard d’euros supplémentaires de produits qui ont franchi la Manche en direction de Londres, soit une hausse de 15 %. Les exportateurs français se frottent les mains, mais cette embellie pourrait n’être que bien passagère, car la frénésie britannique pour les produits français s’explique par le besoin de constituer des stocks de plusieurs mois. Le Brexit – avec ou sans accord – constitue une forte période d’incertitudes. Des incertitudes qui finiront par être levées et qui pourraient finalement coûter cher aux exportateurs français (de l’ordre de 3 milliards d’euros par an selon les prévisions du groupe Euler Hermès).

Cet emballement pour les produits français ne manquera pas de s’accélérer à mesure que la date du 31 octobre approche. Une course atypique qui ne peut pas en cacher une autre – à savoir celle pour le poste de Premier ministre. Ils ne sont plus que cinq à pouvoir encore postuler pour cette prestigieuse fonction après le départ de Theresa May. Un poste recherché, mais qui peut s’avérer mortel pour une carrière dans ce contexte unique et lourdement chargé politiquement.

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