La Chine défend son modèle « antiterroriste » au Xinjiang

La Chine défend son modèle « antiterroriste » au Xinjiang

Critiquée depuis de nombreux mois pour sa politique mise en place dans la région ouest du Xinjiang, la Chine a tenu à répondre au moyen d’un livre blanc long d’une vingtaine de pages. Ce document officiel explique que la politique répressive qui voit des centaines de milliers d’habitants musulmans être rééduqués constitue une réponse efficace et en termes de sécurité et de protection des droits de l’homme. Une justification qui devrait peiner à convaincre les chancelleries nord-américaines et européennes.

Géant économique dont l’influence ne fait que croître aux quatre coins du globe, la Chine est toutefois critiquée pour sa politique brutale menée dans le Xinjiang. En octobre dernier, les autorités chinoises ont officialisé l’existence de camps de rééducation dans lesquels les Ouïghours (de confession musulmane) vivent dans des conditions précaires. Plus d’un million d’entre eux auraient déjà eu le redoutable privilège de passer dans ces camps où le modèle chinois est imposé. Après avoir nié l’existence de telles structures, Pékin a affirmé qu’une politique visant à éradiquer l’islamisme radical était bel et bien à l’œuvre. Une politique un peu plus officialisée au moyen d’un livre blanc.

Dans ce document qui explique « le combat contre le terrorisme et l’extrémisme et la protection des droits de l’homme au Xinjiang », il est écrit que « Les statistiques montrent que de 1990 à la fin de 2016, des forces séparatistes, terroristes et extrémistes ont lancé des milliers d’attaques terroristes au Xinjiang, tuant un grand nombre de personnes innocentes et des centaines d’officiers de police ». C’est pourquoi, les autorités ont dû mettre en place un vaste programme contre le fléau terroriste qui a permis de « détruire 1 588 gangs violents et terroristes, arrêté 12 995 terroristes, saisir 2 052 engins explosifs, punir 30 645 personnes pour 4 858 activités religieuses illégales et saisir 345 229 exemplaires de documents religieux illégaux ». Un bilan impressionnant qui cacherait en fait une sinisation de force justifiée par des attaques d’Ouïghours extrémistes.

Ce livret blanc qui dédouane entièrement les autorités chinoises de crimes contre l’humanité est également une réponse directe aux propos du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo. Le premier diplomate américain assure que la Chine est « hors catégorie » en matière de violation des droits de l’homme et que « l’intensification par la Chine de sa campagne de détention des minorités musulmanes à des niveaux records » n’est qu’un exemple frappant de la terreur qui s’exerce aujourd’hui dans le pays.

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