La faiblesse de la croissance allemande sème le doute

La faiblesse de la croissance allemande sème le doute

Première puissance économique de l’Union européenne, l’Allemagne est en proie aux doutes en raison d’un ralentissement économique qui se confirme. Le gouvernement a dû revoir ses prévisions de croissance et l’année 2019 devrait s’achever sur une hausse du PIB de seulement 0,5 %. Le ministre allemand de l’Economie a reconnu que ce chiffre constituait un « signal d’alarme » pour Berlin, mais le gouvernement est partagé quant aux mesures à prendre pour restaurer la machine économique.

Accusée par ses partenaires européens d’aspirer la croissance à leur détriment, l’Allemagne doit aujourd’hui faire face à une situation économique plus compliquée. Berlin vient de revoir à la baisse ses prévisions de croissance avec un petit +0,5 % attendu pour l’année 2019. Le PIB perd des couleurs et c’est l’économie allemande toute entière qui est entrée dans une phase d’atterrissage. En effet, le PIB était de 2,2 % en 2017, 1,5 % en 2018 et sera donc trois fois moins élevé en 2019. Le « signal d’alarme » a bien été perçu par le ministre de l’Economie même si on répète du côté de Berlin qu’une reprise est attendue dès 2020 avec une croissance estimée à 1,5 %.

Pourtant, la marche à suivre pour redresser le PIB fait débat au sein du gouvernement allemand. Le ministre de l’Economie, Peter Altmaier, juge qu’il faut engager une stratégie de relance, c’est-à-dire investir massivement dans certains secteurs au détriment des excédents budgétaires. L’Allemagne commence à accuser un retard au niveau de la technologie et la décennie dorée entamée au lendemain de la crise financière de 2018 a peut-être empêché les gouvernants de procéder à des choix parfois difficiles, mais bénéfiques sur le long terme.

C’est en tout cas l’avis de certains partenaires européens de l’Allemagne et du Fonds monétaire international. L’institution dirigée par Christine Lagarde appelle les autorités allemandes à engager un plan de relance de l’économie. Une option dont ne veut pas entendre parler le ministre des Finances Olaf Scholz qui refuse de sortir d’une politique d’excédents budgétaires. Il y a quelques jours, il a déclaré : « Nous ne sommes pas en récession, notre croissance ralentit  ». Autrement dit, la faiblesse de l’économie n’est que passagère et les fondamentaux sont solides. De grandes divergences se font donc sentir au sein de la coalition gouvernementale assemblée avec difficulté par Angela Merkel pour son dernier mandat.

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