Tsipras survit de peu au vote de confiance

Tsipras survit de peu au vote de confiance

Le Premier ministre grec peut être soulagé. Son gouvernement a obtenu une courte majorité lors d’un vote de confiance qu’il a lui-même demandé au Parlement. Ce vote a été déclenché à la suite de la démission du ministre de la Défense opposé à l’accord entre la Grèce et son voisin macédonien. La coalition avec l’ANEL vole en éclats au bout de quatre ans, mais Tsipras réussit à rester en place. Le Premier ministre doit faire fructifier son capital politique s’il veut avoir une chance de remporter les prochaines législatives prévues à l’automne prochain.  

Une trajectoire politique se joue parfois à très peu de chose. Alexis Tsipras, à la tête de la Grèce depuis quatre ans (un record de longévité depuis une décennie), a eu droit à une piqure de rappel qu’il s’est auto-administré. Après le départ tonitruant de Panos Kammenos, son ministre de la Défense et chef du petit parti souverainiste des Grecs indépendants (ANEL), Alexis Tsipras a jugé important de remettre sa légitimité en jeu devant le Parlement. Le Premier ministre a donc demandé un vote de confiance qui s’annonçait difficile en raison des (nouveaux) équilibres au sein de la branche législative.

En perdant le soutien des députés de l’ANEL, Alexis Tsipras et son parti Syriza ont laissé filer la majorité parlementaire. Les députés de Syriza occupent 145 sièges sur 300 que compte l’Assemblée. La majorité n’a donc plus la majorité, mais le vote de confiance s’est pourtant conclu avec 151 voix en faveur du gouvernement. Comme cela se murmurait dans les couloirs, Syriza a obtenu le vote cinq députés issus des indépendants et d’un parlementaire dissident du parti Potami.

Alexis Tsipras est donc conforté au moins pendant quelques semaines et peut tenter de finir son œuvre de normalisation avec son voisin macédonien. La petite crise politique de ces derniers jours est, en effet, la conséquence de l’accord trouvé entre Athènes et Skopje au sujet du nouveau nom de la Macédoine. Selon cet accord, la Macédoine doit prendre le nom de République de Macédoine du nord. Un nom qui fait polémique chez une partie des Grecs et de la classe politique qui ont peur que le nom de « Macédoine » serve de prétexte à de futures revendications de Skopje sur la région grecque appelée elle aussi Macédoine.

Le Premier ministre doit trouver une majorité pour valider définitivement cet accord et profiter des prochains mois pour rattraper son retard sur la droite dans la perspective des élections législatives qui doivent avoir lieu à l’automne.

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