Orban est-il vraiment menacé par l’article 7 ?

Orban est-il vraiment menacé par l’article 7 ?

Mercredi dernier, le Parlement européen est passé à la vitesse supérieure dans son combat contre le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Après les résolutions sans effet, le Parlement a finalement décidé d’enclencher l’article 7 contre la Hongrie. Une sorte d’arme atomique institutionnelle qui a toutefois peut de chances d’aller à son terme en raison de sa complexité et des soutiens dont peut se prévaloir le leader hongrois.

La crise couve au sein de l’Union européenne. Les pays dirigés par des leaders populistes sont nombreux et rendent la gouvernance extrêmement difficile. L’Italie est devenue la nouvelle bête noire de Bruxelles depuis plusieurs semaines, mais le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, continue d’être l’ennemi numéro un des dirigeants européens. A tel point que le Parlement européen vient de sonner le début des hostilités au niveau institutionnel en votant en faveur du déclenchement de l’article 7 contre la Hongrie.

L’article 7 du Traité sur l’Union européenne prévoit (dans le pire des scénarii) de priver l’Etat membre visé de son droit de vote au Conseil. Cela équivaut à une mise à l’écart pure et simple tout en devant continuer à suivre les règles européennes. La procédure est si exceptionnelle qu’elle n’a été ouverte qu’une seule fois. Ce fut à l’encontre de la Pologne en décembre 2017. La Hongrie est dans l’œil du cyclone et certains de ses alliés européens ont préféré ne pas la soutenir comme l’illustre la majorité des deux tiers obtenue au Parlement le 12 septembre dernier.

Les observateurs de la vie politique européenne se disent soulagés de voir enfin le Parlement réagir après les derniers mois pendant lesquels Viktor Orban n’a cessé d’attaquer les institutions européennes. Le Premier ministre s’est-il toutefois rendu coupable de « violation grave de l’Etat de droit » en raison notamment de la nouvelle loi qui va obliger l’Université d’Europe Centrale à fermer ses portes le 31 décembre prochain ? Cet établissement financé par George Sorros est dans le collimateur du pouvoir hongrois, car financé justement par un Sorros qui fait campagne contre les orientations politiques de Viktor Orban.

Si la Hongrie a perdu la bataille du Parlement européen, elle ne devrait pas être mise hors-jeu par l’article 7, car il faut l’unanimité des membres. Orban pourra compter sur le soutien de la Pologne de manière certaine et d’autres pays potentiellement comme l’Italie et l’Autriche. La maison européenne n’a pas fini de se tourmenter.

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