Politique migratoire : les Allemands disent non à Merkel

Politique migratoire : les Allemands disent non à Merkel

Angela Merkel est plus que jamais en difficulté trois mois après sa difficile réélection à la tête du Gouvernement allemand. La chancelière a pu compter sur une coalition avec la CSU en contrepartie de laquelle elle autorisait à changer la politique migratoire de l’Allemagne. Les propositions du ministre de l’Intérieur ont pourtant été rejetées et un bras de fer au sommet de l’Etat pourrait finalement être arbitré par des électeurs allemands qui rejettent en masse la politique d’Angela Merkel.

L’usure du pouvoir est un adversaire qui finit toujours par l’emporter. Cette usure bien visible en Allemagne pour Angela Merkel est accompagnée d’un rejet de plus en plus visible de la politique migratoire très accommodante voulue par la cheffe de l’Etat. Alors que l’Union européenne a une fois de plus montré ses limites avec le triste épisode de l’Aquarius, c’est au tour de l’Allemagne de faire preuve de profondes dissensions.

Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer (CSU) devait présenter son plan sur l’immigration le 12 juin dernier. Les annonces n’ont jamais été faites, car les propositions de l’allié d’Angela Merkel n’ont pas du tout été acceptées par la chancelière. Le plan prévoyait notamment un refoulement de tous les immigrés illégaux et ceux dont la demande d’asile a déjà été rejetée par un autre pays européen. Un virage à 180° auquel s’est opposé Merkel. Les réunions afin de trouver un compromis entre la CSU et la CDU n’ont rien donné et le ministre de l’Intérieur a fixé un ultimatum au lundi 18 juin. Si aucune solution n’est trouvée, le processus de refoulement sera entamé.

Dans le cas où l’ultimatum venait à être mis en œuvre, cela signifierait certainement la fin de la coalition gouvernementale. Les électeurs allemands seraient alors certainement dans l’obligation de se rendre de nouveaux dans les bureaux de vote. Un scénario très compliqué pour la chancelière qui a arraché un quatrième mandat avec peine. Un nouveau succès électoral est d’autant plus compromis que selon un sondage réalisé par une chaîne publique, 86 % des Allemands seraient favorables à l’expulsion des migrants qui n’ont pas obtenu le droit d’asile.

La politique migratoire allemande est à la veille d’un changement radical et c’est bien Angela Merkel qui pourrait payer le prix d’une politique décriée depuis plusieurs années par de nombreux pays européens. La tension est palpable dans les ministères et au Parlement. La chancelière vit peut-être ses derniers jours au pouvoir à moins qu’il ne s’agisse d’une énième crise qui se soldera par un dialogue dont les Allemands ont le secret.

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