La constitution d’un axe Rome-Pékin fait peur à l’UE

La constitution d’un axe Rome-Pékin fait peur à l’UE

Les tensions désormais chroniques entre Bruxelles et Rome connaissent un nouveau point avec le rapprochement entre l’Italie et la Chine. Les deux pays s’apprêteraient à signer un accord économique qui rentrerait dans le cadre du développement des nouvelles routes de la soie engagé depuis plusieurs années par les autorités chinoises. La perspective de cet accord suscite des craintes du côté de l’Union européenne où les ambitions de Pékin sont de plus en plus souvent dénoncées.

La vie à vingt-huit (et bientôt à vingt-sept) ressemble à une cohabitation des plus compliquées. L’Italie est aujourd’hui l’une des bêtes noires de Bruxelles et les liens tissés ces derniers mois avec la Chine n’est pas de nature à apaiser les tensions, bien au contraire. Il se dit que le 22 mars prochain, à l’occasion d’une visite officielle du président Xi Jinping en Italie, un protocole d’accord pourrait être signé afin de faire de l’Italie un nouveau débouché des nouvelles routes de la soie. Ce grand programme chinois d’investissements qualifié de « bien public mondial » par les autorités pékinoises constitue l’un des outils de développement de la puissance de l’Empire du Milieu. 123 pays ont adhéré à ce jour à ce programme et l’Italie pourrait bien rejoindre ce club de plus en plus large au grand dam de Bruxelles.

En effet, la Chine et ses pratiques notamment commerciales sont dans le collimateur de Bruxelles et l’influence de Pékin sur de nombreux pays est considérée comme un problème de taille par nombre de chancelleries. L’Italie y voit quant à elle une opportunité et les contacts autour d’un protocole entre les deux pays remontent à 2017 et le gouvernement de centre–gauche de Paolo Gentiloni. Malgré l’instabilité politique et la formation d’une improbable coalition, la Chine a réussi à avancer sur ce dossier et pourrait bien faire de l’Italie sa porte d’entrée dans l’Union européenne.

Si les contreparties ne sont pas claires et suscitent des inquiétudes du côté des partenaires européens de Rome, l’Italie voit d’un bon œil l’arrivée potentiel d’investissements chinois. Tout d’abord, la masse de touristes venue de Chine pourrait devenir plus importante. Ensuite, les infrastructures italiennes pourraient bénéficier d’investissements massifs de la part des banques chinoises. Une relation jugée dangereuse par beaucoup au sein de l’Union européenne. Les pressions en coulisses sont déjà fortes pour que Rome ne succombe pas aux sirènes venues de l’Est.

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