Berlin continue sa politique d’équilibre budgétaire

Berlin continue sa politique d’équilibre budgétaire

Après de longs mois tendus au cours desquels la politique économique à mener a été âprement discuté au sein de la coalition gouvernementale, le ministre allemand des Finances et la chancelière Merkel ont arrêté leur position. Berlin ne pratiquera pas de relance budgétaire et continue de faire le pari de l’équilibre des finances publiques. Une bonne nouvelle pour une bonne partie de l’électorat, mais une faute selon certains économistes qui défendent l’idée d’investissements massifs à l’heure où les taux d’emprunt sont extrêmement faibles.  

Le Rhin continue de partager deux conceptions économiques. Du côté français, les gouvernements successifs ont tendance à dépenser plus qu’ils ne perçoivent avec l’idée que cela soutient la machine économique. Cette conception honnie de l’autre côté du Rhin a toutefois commencé à faire des émules avec un ralentissement économique au niveau national, mais aussi international. L’Allemagne a hésité plusieurs mois avant que le ministre allemand des Finances ne vienne finalement siffler la fin de la récréation.

Le Budget 2020 sera à l’équilibre malgré une légère hausse de 3 milliards d’euros (359,9 milliards de dépenses). Le dogme allemand a été respecté et aucune « nouvelle dette » ne sera à mettre au passif du gouvernement. L’écart se creuse donc avec le voisin français dont le Budget 2019 accuse un déficit de 98 milliards d’euros. « À quoi ça sert d’avoir des comptes publics qui sont parfaitement tenus si notre croissance diminue » s’interrogeait le ministre français des Finances ? A cette question, l’Allemagne répond qu’il vaut mieux une légère baisse de croissance si cela permet de rester dans les clous budgétaires. La dépendance aux marchés financiers est alors bien moindre et c’est tout un pan de l’indépendance économique qui est préservé.

Toutefois, cette gestion de « bon père de famille » a peut-être trouvé ses limites dans le contexte actuel. Avec des taux d’intérêt très bas, voire même parfois négatifs, faire appel aux marchés financiers ne constitue pas l’assurance de se mettre un boulet au pied. Certains en Allemagne ont donc appelé à investir massivement dans les infrastructures et l’éducation en profitant de ce levier financier exceptionnel. Ils n’ont pas été entendus, mais la rigueur budgétaire allemande a ses limites.

En effet, le gouvernement entendrait créer des entités publiques indépendantes capables d’emprunter jusqu’à 35 milliards d’euros par an. Une indépendance qui permettrait de ne pas compter leur dette dans le Budget fédéral. Une politique cousue de fil blanc qui permettrait à l’Allemagne de financer sa politique climatique en grande difficulté avec un recours très fort au charbon malgré la place importante des énergies vertes.

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