Des législatives anticipées après l’échec de Tsipras aux européennes

Des législatives anticipées après l’échec de Tsipras aux européennes

Un vote peut en cacher un autre. Les élections législatives du 26 mai ont accouché d’un séisme politique en Grèce qui n’a cependant pas surpris les observateurs. Le parti Nouvelle Droite est largement arrivé en tête devant Syriza. Le mouvement d’Alexis Tsipras est en net recul et le Premier ministre a décidé de dissoudre le Parlement afin de procéder à des élections législatives anticipées qui doivent permettre d’enrayer l’hémorragie électorale. Un pari qu’il sera difficile à gagner pour un pouvoir qui a tenté de multiplier les gages envers les électeurs ces dernières semaines.

Syriza et Alexis Tsipras seraient-ils victime de l’usure du pouvoir ? Premier ministre depuis septembre 2015, Tsipras devait remettre son mandat en jeu au mois d’octobre prochain, mais le résultat des élections européennes ont précipité l’agenda de Syriza et finalement des autres partis politiques. Le Premier ministre a rencontré le président de la République ce lundi afin de procéder dans les règles à la dissolution du Parlement et à la mise en place d’élections anticipées. « Une campagne prolongée de quatre mois aurait mis en danger la trajectoire tranquille de l’économie » explique-t-on du côté d’Alexis Tsipras.

Une justification qui n’est pas forcément fausse au moins sur le plan théorique à en croire la réaction de Bruxelles qui croit les résultats des prochaines législatives. Alexis Tsipras s’est mué de danger pour l’Europe à soldat le plus prompt à répondre aux exigences de la Commission européenne. L’économie grecque se redresse depuis plusieurs mois, mais le pays reste extrêmement fragile et un changement de gouvernement et donc de politique économique est envisagé avec crainte au sein de la Commission.

Une hypothèse à étudier de près, car avec près de dix points de différence en faveur de Nouvelle Droite, Syriza pourrait rentrer dans l’opposition dès la rentrée (les législatives anticipées devraient se tenir le 7 juillet). Nouvelle Droite pourrait même obtenir la majorité absolue si le parti parvenait à franchir la barre des 38 % (grâce au système électoral grec qui donne une prime à la première place). A l’heure actuelle, Nouvelle Démoratie est donnée en tête des sondages avec 31 % des voix (33 % aux européennes) tandis que Syriza récolterait 23,5 % (contre 23,7 % aux européennes). Le chemin est encore long pour Syriza, mais le temps presse et les électeurs ne semblent pas enclins à renverser la tendance.

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