Salvini met fin abruptement à la coalition gouvernementale

Salvini met fin abruptement à la coalition gouvernementale

Le leader de la Ligue et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a fait savoir de manière assez inattendue que qu’il n’y avait « plus de majorité en Italie ». Par ces mots, l’homme fort de la coalition au pouvoir a mis fin à un gouvernement qui n’aura cessé de surprendre au cours de ces derniers mois. L’improbable alliance entre l’extrême gauche (5 étoiles) et l’extrême droite a tenu contre vents et marées, mais les sondages très positifs pour le parti de Salvini auront finalement eu raison d’une alliance qui a électrisé le débat public jusqu’à Bruxelles.

Le gouvernement de Giuseppe Conte connaît ses derniers instants. Une fin qui ne se profilait guère à l’horizon il y a encore quelques jours, mais que beaucoup attendaient avec impatience à Rome ainsi qu’à Bruxelles. Pourtant, ceux qui souhaitent la chute de la coalition italienne depuis des mois pourraient en être pour leurs frais. En effet, la coalition est finalement tombée, mais sous les coups d’un Matteo Salvini qui entend bien prendre seul les commandes de l’Etat italien…

Le vote en faveur de la ligne ferroviaire Lyon-Turin a créé de fortes tensions au sein du gouvernement et cet épisode a été pris pour prétexte afin d’engager de grandes manœuvres politiques. Lors de la formation de la coalition, le parti 5 étoiles bénéficiait de 32,68 % des votes. La Ligue était deux fois moins puissante avec 17,35 % des suffrages. Mais l’exercice du pouvoir aura été plus bénéfique au trublion nommé Matteo Salvini et le rapport de force s’est inversé au sein de la coalition. Les élections européennes ont permis au parti du ministre de l’Intérieur de capitaliser 34,26 % des voix tandis que 5 étoiles n’a recueilli que 17,06 % des suffrages.

Depuis, les sondages confirment le mouvement de balancier qui a été opéré et Matteo Salvini entend avoir les coudées franches en demandant aux électeurs italiens d’élire de nouveau leurs représentants au Parlement. Un procédé tout politique qui a été annoncé par voie de communiqué de presse : « Allons tout de suite au Parlement pour prendre acte qu’il n’y a plus de majorité (…) et restituons rapidement la parole aux électeurs ». La tenue d’élections législatives ne dépend toutefois pas du ministre de l’Intérieur et c’est désormais au président de la République italienne d’être le maître du calendrier.

Il appartient au chef de l’Etat de dissoudre le Parlement après avoir consulté les présidents des deux chambres législatives. Une dissolution dont la date est encore inconnue et dont dépendra celle des prochaines élections. Selon la Constitution italienne, les législatives doivent avoir lieu entre 50 et 70 jours après la dissolution. Salvini espère cette dernière rapide afin de procéder à un scrutin fin octobre, alors que le président de la République souhaiterait retarder l’échéance pour ne pas entraver le vote sensible du Budget et apaiser par ainsi les relations déjà compliquées avec Bruxelles.

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