Moscou et Ankara en pleine lune de miel (militaire)

Moscou et Ankara en pleine lune de miel (militaire)

Le rapprochement opéré par la Turquie et la Russie a été aussi spectaculaire qu’il semble désormais solide. Soutenant des acteurs différents sur le théâtre syrien, les deux puissances ont toutefois réussi à aplanir les points de frictions jusqu’à porter un accord militaire sans précédent. Moscou et Ankara auraient conclu un marché pour la livraison des systèmes antimissiles S-400. Un projet contre lequel se bat Washington depuis des mois à cause de la peur que des liens russo-turcs trop étroits leur inspirent.  

Le 8 avril s’est ouvert la réunion du Conseil de coopération de haut niveau Russie Turquie. Un événement scruté par de nombreuses chancelleries en raison du poids des acteurs dans le dossier syrien, mais aussi au-delà. L’excellente entente affichée depuis plusieurs mois entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan n’a pas été démentie avec les propos du président russe. « Des tâches importantes pour la coopération dans le domaine militaro-industriel incombent à nos deux pays. Nous discutons en priorité de la mise en œuvre du contrat visant à la livraison de systèmes de missiles anti-aériens Triumph S-400 à la Turquie».

Une priorité que les Etats-Unis tentent de torpiller en exerçant de fortes pressions sur Ankara. Malgré la menace, le président turc semble avoir choisi son camps puisqu’il se dit que ces missiles anti-aériens (les plus performants jamais conçus) seront livrés à la Turquie dès le mois de juillet. Habitué et peut-être même immunisé contre les pressions américaines, Vladimir Poutine a souhaité être explicite : « Sur la question des S-400, nous avons déterminé notre feuille de route, nous avons pris des mesures, ceux qui nous disent d’abandonner nos plans, ceux qui font des recommandations ne nous connaissent pas. Si nous avons passé un contrat, si nous sommes parvenus à un accord, alors cette affaire est terminée ».

Rien ne semble pouvoir se dresser au travers de la relation turco-russe et le président Poutine a bien pris soin d’assurer que « d’autres projets prometteurs dans le domaine de l’équipement militaire » étaient en discussion. Pour rappel, si l’armement est un domaine important des relations entre la Russie et la Turquie, l’énergie est également un thème important. Rosatom va construire la première centrale nucléaire turque tandis que le gazoduc TurkStream reliera les deux pays.

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