Les objectifs économiques italiens bientôt revus à la baisse

Les objectifs économiques italiens bientôt revus à la baisse

Rome n’en a pas fini avec ses pérégrinations budgétaires. Il faut dire que cette matière est un éternel recommencement, mais après le long et douloureux bras de fer qui a opposé le gouvernement italien à la Commission européenne, la prochaine révision des chiffres tombe mal. Reuters a obtenu l’information de la part de plusieurs sources gouvernementales selon laquelle la croissance et le déficit allaient être très prochainement révisés. Une révision qui pourrait raviver les tensions avec Bruxelles.

La rédaction d’un budget est un exercice difficile qui devient très compliqué dès lors que la Commission européenne veille au grain. Après le psychodrame de la fin 2018, l’Italie pensait être sortie d’affaire, mais la croissance ne semble pas vouloir être au rendez-vous et les prévisions du gouvernement italien vont devoir être révisées au cours des prochains jours. Une révision qui en appelle même une seconde, laquelle aura lieu en septembre prochain. Pour l’heure, le gouvernement est sur le point de publier le Document économique et financier (DEF) qui va servir à la rédaction du budget 2020. Ce budget est déjà connu dans les grandes lignes puisqu’il a fait l’objet d’âpres négociations avec la Commission européenne.

Il avait été convenu que le déficit italien pour 2020 serait de 1,8 % (et de 2,04 % en 2019). Une perspective qui s’éloigne en raison du ralentissement économique dont est l’objet l’Italie. Les prévisions de croissance pour 2020 ont été arrêtées à un petit 1,1 %, mais l’exécutif italien devrait revenir sur ce chiffre pour le faire passer un peu en deçà de 1 %. La croissance au ralenti n’arrange pas les affaires de la coalition au pouvoir. Cette dernière s’est engagée dans une ambitieuse politique de redistribution. Les différentes composantes de la coalition doivent finir leurs discussions afin de publier le prochain DEF.

La marge de manœuvre est encore plus réduite avec des recettes attendues en baisse et des contraintes européennes fortes. Si Bruxelles est si soucieuse de valider les comptes italiens, c’est aussi parce que le pays possède le ratio dette/PIB le plus élevé de l’Union européenne après la Grèce. Cela constitue un danger structurel pour le pays, mais aussi pour l’ensemble de la zone euro en raison de la taille de l’économie italienne. Les prochains mois risquent d’être tendus au sein du gouvernement italien ainsi qu’avec les partenaires européens.

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