Japon : les talons hauts de la discorde

Japon : les talons hauts de la discorde

Au Japon, la société est en ébullition à la suite d’une pétition lancée par l’actrice Yumi Ishikawa. Cette pétition vise à interdire l’obligation pour les femmes de porter des talons hauts dans le cadre professionnel. Une pratique qui est aujourd’hui la norme, mais dont se plaint un nombre de plus en plus important de femmes qui y voient une « discrimination sexuelle ». Une évolution de la législation et des mœurs semble toutefois compliquée au regard de la réaction du ministre de la Santé.

Le Japon est un pays qui n’est pas habitué aux conflits sociaux et qui a tendance à ignorer les problèmes de discrimination notamment à caractère sexuel. Les choses commencent à évoluer avec une pétition qui s’est fait connaître au-delà même des frontières de l’archipel japonais. L’actrice Yumi Ishikawa s’est publiquement élevée contre le port obligatoire des talons hauts en entreprise. Elle a ainsi lancé une pétition intitulée #KuToo en référence aux termes « kutsu » (chaussure) et « kutsuu » (douleur). Un moyen original de faire connaître une souffrance connue de nombreuses femmes.

Ishikawa explique sa démarche déjà suivie par 19 000 femmes : « Aujourd’hui, nous avons déposé une pétition pour demander une loi interdisant aux employeurs de forcer les femmes à porter des talons, ce qui est de la discrimination sexuelle et constitue un harcèlement ». Une position qui n’est pas partagée par le ministre Japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, invité à s’exprimer sur ce sujet devant une commission parlementaire : « C’est quelque chose qui est socialement accepté et qui tombe dans le domaine de ce qui est professionnellement nécessaire et approprié » a défendu, ce mercredi, Takumi Nemoto. 

Si cet enjeu peut paraître à peine croyable sous d’autres latitudes, le Japon n’est pas le seul pays confronté à une telle question. En 2017, la province de Colombie-Britannique (Canada) avait dû interdire aux employeurs d’obliger leurs salariées de sexe féminin à porter des talons hauts. Une pratique jugée dangereuse et discriminatoire par les législateurs de la province. Le Japon semble être encore éloigné d’une telle loi, mais rien n’est impossible au pays du Soleil Levant.

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