L’Iran sous sanctions, l’Est fait de la résistance

L’Iran sous sanctions, l’Est fait de la résistance

Ce que veut Donald Trump, les Etats-Unis l’obtiennent. La nouvelle vague de sanctions lancée par Washington contre Téhéran est désormais en vigueur. Le secteur de l’énergie est notamment visé et de nombreuses entreprises européennes ont déjà abandonné l’Iran à son sort. La crainte de sanctions est trop forte, mais un pays comme la Russie n’entend pas céder à la pression et a fait savoir qu’il élargirait même ses relations économiques avec l’Iran.

Total PSA, Renault… La liste des entreprises françaises mises hors course par les sanctions américaines sur l’Iran est longue. La même chose est vraie pour toutes les entreprises européennes qui avaient décidé de s’attaquer au marché iranien au lendemain de l’accord sur le nucléaire et la fin des pressions commerciales américaines. Les entreprises qui font du commerce avec l’Iran en utilisant le dollar sont susceptibles d’être trainées devant la justice américaine avec une énorme amende en guise de condamnation et une interdiction de faire des affaires aux Etats-Unis. C’est assez pour contraindre l’immense majorité des nouveaux entrants à quitter le marché iranien d’autant plus que les banques ne veulent pas être accusées d’avoir pris part à un contournement de l’embargo.

À y regarder de plus près, ce sont les entreprises européennes (et l’Iran) qui payent cher la décision du président Trump. Des pays comme l’Inde, la Chine et la Russie vont continuer à commercer avec l’Iran et ne vont pas tarder à supplanter dans de nombreux secteurs des Occidentaux désormais absents. Forte de sa puissance économique, la Chine n’a pas peur des menaces américaines et semble ainsi continuer sa farouche lutte contre les desiderata de Washington. Autre pays en froid avec les Etats-Unis, la Russie a d’ores et déjà fait savoir dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères qu’elle ferait « tout le nécessaire » pour entretenir et même élargir ses relations commerciales avec l’Iran.

Moscou rappelle que la décision du président Trump ne repose pas sur des bases légales solides. « Nous rejetons toutes sanctions unilatérales outrepassant les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU, surtout lorsqu’elles ont une application extraterritoriale et affectent les intérêts de pays tiers, ce qui est le cas avec les restrictions américaines contre l’Iran ». Fruit du courage politique ou simple hasard, la Russie a été exemptée de rompre son commerce avec l’Iran dans le domaine de l’énergie. Téhéran pourra continuer de vendre son pétrole à la Chine, le Japon, l’Inde ou la Russie (déjà premier producteur mondial), mais cela ne suffira pas à éviter une crise économique qui s’annonce comme un test pour le pouvoir iranien.

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