La Turquie lorgne sur le gaz chypriote et s’attire les foudres de l’UE

La Turquie lorgne sur le gaz chypriote et s’attire les foudres de l’UE

La relation tendue entre Chypre et la Turquie connaît un nouveau chapitre autour de la sensible question du gaz. L’Etat insulaire sait depuis quelques années que son sous-sol marin regorge de gaz. Une opportunité économique dont veut également profiter son voisin turc qui a engagé des opérations en vue de l’exploitation de gaz au large des côtes chypriotes. Chypre, soutenu par l’Union européenne ne l’entend pas ainsi et même les Etats-Unis haussent le ton contre Ankara.

La Turquie aura-t-elle le dernier mot dans son conflit gazier avec Chypre ? Les deux pays rivaux s’affrontent aujourd’hui autour des ressources gazières situées à l’Est de la Méditerranée. Chypre a la chance de reposer sur des ressources gazières importantes, mais cela suscite des frictions avec la Turquie. Cette dernière a décidé de réaliser des opérations de forage via un navire portant le nom de « Conquérant ». Le signe qu’il s’agit bien d’une bataille entre deux Etats marqués par le conflit de 1974 où l’île chypriote a venu de militaires turcs.

Depuis cette date, Chypre est scindé en deux parties et la République turque de Chypre du Nord (reconnue seulement par la Turquie) continue d’être l’outil de pressions géopolitiques. Cette fois-ci Ankara utilise la partie turque de Chypre pour revendiquer son droit à exploiter du gaz se trouvant au large de l’île. Du gaz situé dans la zone exclusive chypriote et qui est donc juridiquement inaccessible à l’appétit turc. Pourtant des opérations sont prévues et l’Union européenne défend les intérêts de son Etat membre en appelant Ankara à la raison. Pour la seconde fois depuis mars 2018, Bruxelles appelle « la Turquie à faire preuve de retenue, à respecter les droits souverains de Chypre et à s’abstenir de toute action illégale à laquelle l’Union européenne répondra de manière appropriée et en pleine solidarité avec Chypre ». Ce dernier assure qu’elle ne cèdera pas à une « provocation de la Turquie (qui) constitue une violation flagrante des droits souverains de la République de Chypre ».

La solidarité est totale entre Chypre et l’Union européenne et les autorités chypriotes peuvent même compter sur le soutien des Etats-Unis qui ne voient pas d’un bon œil l’intérêt turc pour le gaz chypriote. Washington met en garde Ankara et si aucune menace précise n’a été proférée, il se pourrait que ce conflit gazier devienne la justification d’une nouvelle crise entre deux alliés qui ne s’apprécient plus et dont les bisbilles ont crée une panique financière et économique du côté turc.

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