Le SPD perd sa cheffe après sa déroute aux européennes

Le SPD perd sa cheffe après sa déroute aux européennes

Si les européennes sont souvent perçues comme une élection mineure, ce scrutin a des conséquences parfois majeures sur les échiquiers politiques nationaux. L’Allemagne et plus particulièrement le SPD en font aujourd’hui l’expérience puisqu’après le très mauvais score enregistré par le parti, sa cheffe a pris la décision de renoncer à la présidence du parti. Un coup de tonnerre qui fait trembler jusqu’au gouvernement auquel appartient le SPD. La tectonique des plaques est en marche et ne devrait pas laisser les principaux acteurs politiques indemnes.

D’un match à deux, la lutte politique en Allemagne est passée à un match à trois. En plus des indéboulonnables CDU-CSU et SPD, les Verts s’imposent comme une force incontournable. A tel point que le caractère indéboulonnable des deux grands est remis en question à commencer par le SPD. Ce parti a connu une véritable déroute à l’occasion du scrutin européen. Avec seulement 15,8 % des voix, le SPD a reculé de 11 % par rapport au scrutin des européennes de 2014. Le SPD a coulé à pic et ce sont les Verts qui lui ont volé la vedette en remportant 20 % des voix. Seule la CDU-CSU fait mieux avec 28,9 % des voix (soit tout de même un recul de 6,4 points par rapport à 2014).

Les Verts ont étrillé le SPD ou c’est plutôt le SPD qui continue sa lourde chute. Une chute qui a atteint un degré trop important pour que la leader du SPD, Andrea Nahles puisse poursuivre sa présidence sereinement. Dans le communiqué annonçant son retrait de la présidence du SPD, Nahles déclare qu’elle n’a « plus le soutien nécessaire à l’exercice de (ses) fonctions ». La course à son remplacement été déjà lancée et si la prochaine tête d’affiche n’est pas encore connue, des questions essentielles se posent déjà. La première d’entre elles est : quel avenir pour la coalition gouvernementale ?

En effet, cette question taraude le parti depuis des mois et Nahles avait juré en 2017 qu’elle ne participerait plus à une coalition avec la CDU d’Angela Merkel avant de faire machine arrière quelques mois plus tard. Depuis les débats en internes sont tendus et les européennes ont scellé le destin de Nahles. Mais dans sa chute, c’est aussi Angela Merkel qui se sent fragilisée et la chancelière est intervenue très rapidement après l’annonce du retrait de Nahles de la présidence du SPD. Merkel a assuré dans une très courte allocution : « Nous allons poursuivre le travail au sein de la “grande coalition” avec beaucoup de sérieux et un grand sens des responsabilités ». Un travail qui dépendra finalement d’un SPD qui doit se reconstruire. Loin ou au sein du pouvoir, telle est la question.

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