La Sibérie en flammes : Moscou pointé du doigt

La Sibérie en flammes : Moscou pointé du doigt

Trois millions d’hectares calcinés, plusieurs autres millions menacés, La Sibérie est en flammes et très peu est entrepris par les autorités pour mettre un terme à cette situation. L’incompréhension règne au sein de la population russe qui voit la Sibérie se transformer en un cimetière pour la faune et la flore. Les autorités ne mobilisent que de faibles moyens et se réfugient derrière une règle de 2015 qui permet de ne pas s’attaquer à un incendie de forêt si le coût de l’intervention est plus élevé que les dommages causés par les flammes.

Plus grand pays de la planète, la Russie héberge une immense forêt en Sibérie. Un bien qui fait le bonheur de la vie sauvage et de l’équilibre écologique mondial, mais qui est menacé depuis juin et les premiers départs de feu. Cette région septentrionale est habituée aux vastes incendies une fois l’été venu, mais cette année 2019 est particulièrement destructrice avec des vents violents et des températures extrêmement élevées pour la région (30°C). Le record du nombre d’hectares brûlés enregistré en 2018 (3,2 millions) a d’ores et déjà été battu et face à ce désastre, les autorités locales et fédérales ne font que le service minimum.

Les feux ont fini par provoquer un nuage noir plus grand que l’Union européenne et en plus de villes en Sibérie certains centres urbains de l’Oural commencent à devenir irrespirables. L’incompréhension s’empare d’une population qui reproche le manque de moyens pour combattre les incendies. En fait, les autorités justifient leur inaction par un règlement de 2015 qui permet de surveiller l’évolution du feu sans intervenir du moment que des habitations ne sont pas directement menacées. De plus, si le coût de l’intervention est estimé plus important que les dommages causés, alors les autorités sont en droit de temporiser.

Cette politique est à l’œuvre depuis plusieurs semaines comme dans la région de Krasnoyarsk. Là-bas, il a été estimé que le coût d’une intervention serait trop élevé et depuis la mi-juillet, ce sont des certaines de milliers d’hectares qui partent en fumée. La situation devient intenable dans certains endroits et les médias russes traitent très peu cette information. Les dirigeants russes semblent de plus en plus mal à l’aise d’autant que les critiques en termes de protection de l’environnement se font toujours plus vives.

Greenpeace assure que ce sont non pas 3 millions, mais 12 millions d’hectares qui sont d’ores et déjà calcinés. Pire, l’ONG affirme que « la situation avec les feux de forêts dans la partie orientale de la Russie a cessé il y a longtemps d’être un problème local (…) et s’est transformée en une catastrophe écologique à l’échelle de tout le pays ». Cet immense incendie pourrait entraîner une accélération de la montée des températures au niveau mondial et les 750 000 hectares de permafrost victimes des flammes pourraient finalement libérer des gaz (toxiques) dans l’atmosphère. Une bien mauvaise nouvelle pour tous au-delà des habitants de la Russie.

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