Municipales : un camouflet pour Erdogan

Municipales : un camouflet pour Erdogan

Les élections municipales du 31 mars étaient attendues avec une certaine fébrilité par l’AKP et Erdogan. Les vents sont contraires depuis de longs mois et le pouvoir devait montrer sa résilience. Une mission qui se conclut finalement sur un échec puisque les principales villes du pays échappent pour la première fois depuis des années au contrôle de l’AKP. Simple reflux pour Erdogan ou première étape vers la perte du pouvoir central ?

Longtemps considérée comme un allié de l’Occident voué à intégrer l’Union européenne, la Turquie n’est plus en odeur de sainteté depuis que l’islamisme politique se fait de plus en plus autoritaire. Une perte de confiance dont a aussi joué le président turc sur la scène intérieure, mais il faut croire que les secousses liées à la crise économique et financière ont eu raison de sa popularité. L’AKP se savait en danger, mais n’a pas su briser la vague de mécontentement qui touche en premier lieu les grandes villes du pays.

Ainsi, la défaite pour ces élections municipales est consommée avec la perte des deux plus grandes villes de Turquie. Istanbul et la capitale Ankara. Beaucoup d’autres centres urbains d’importance semblent être tombés dans l’escarcelle de l’opposition au grand dam de l’AKP qui avait monté progressivement les échelons du pouvoir en commençant par les villes. La formule gagnante a été perdue malgré les moyens colossaux qu’a actionnés le pouvoir au cours de cette campagne municipale où la « survie » de la Turquie était en jeu selon le président Erdogan.

Plus qu’une envie d’en finir avec le programme politique de l’AKP, beaucoup d’électeurs ont sanctionné des résultats économiques catastrophiques au cours de l’année écoulée. Des difficultés économiques qui auront eu raison de la patience des électeurs. Ces élections municipales constituent donc un message d’alerte pour le pouvoir central. Des inflexions fortes sont attendues pour éviter de nouveaux revers électoraux aux conséquences bien plus lourdes pour un parti majoritaire habitué aux succès.

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