Slobodan Praljak : le poison plus fort que la prison

Slobodan Praljak : le poison plus fort que la prison

Le Tribunal pénal international vient de vivre une scène qui restera dans les annales de l’histoire de la justice. En effet, Slobodan Praljak, après avoir écouté la sentence qui le condamne à vingt ans de prison, prend la parole et avale le contenu d’une petite fiole. Les juges et toutes les personnes présentes dans la salle ne comprennent pas tout de suite ce qui se joue. L’ancien chef militaire croate s’est donné la mort en avalant du poison. Pris en charge médicalement, son décès est déclaré officiellement peu après.

Slobodan Praljak restera dans l’histoire comme un homme aux multiples visages. Pour une grande partie des Croates, il est considéré comme un héros. L’ex-directeur de théâtre n’était pas destiné à la carrière militaire, mais la guerre dans les Balkans le propulse rapidement à la tête des miliciens de la République croate de Herceg-Bosna. Une arrivée au sommet qui sera synonyme d’atrocités pour des Bosniaques combattus par les forces croates. Considéré comme l’un des responsables de la destruction du célèbre point ottoman de Mostar, Prajlak est célébré dans son pays. Le président a récemment déclaré que « la contribution du général Slobodan Praljak a été d’une immense importance à la fois pour la défense de la Croatie et de la Bosnie contre l’agression “grand serbe” et pour la survie du peuple croate sur son territoire historique durant la guerre patriotique ».

Un soutien sans faille des autorités, mais une condamnation de 20 ans de prison confirmée ce mercredi 29 novembre. Après l’énoncée de la sentence, Slobodan Praljak lance « Praljak n’est pas un criminel ! Je rejette votre verdict ». Il se saisit d’une fiole qu’il portait sur lui. Personne ne comprend. Son avocate assure qu’il a pris du poison. La séance est levée, les secours arrivent et emportent Prajlak à l’hôpital. Il est trop tard, le poison a fait son effet. Fin inattendue pour ce personnage condamné, détesté, mais aussi célébré. Les mémoires sont encore vives dans les Balkans.

Laisser un commentaire