À l’ONU, le Kazakhstan prône le dialogue

À l’ONU, le Kazakhstan prône le dialogue

Le Kazakhstan, lors de son tour de présidence au Conseil de sécurité des Nations unies, en janvier dernier, n’a cessé de prôner la désescalade des conflits et, plus globalement, le retour du dialogue entre la communauté internationale et les différentes régions du globe où sévissent toutes sortes de violences.

Et si la présidence du Kazakhstan au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), en janvier dernier, guidait l’action de la communauté internationale aujourd’hui ? Dans certaines régions du globe, les tensions avec la communauté internationale n’ont jamais été aussi exacerbées qu’en ce début d’année 2018 : malgré quelques signes d’ouverture, la Corée du Nord continue d’effrayer, tandis que, toujours sur le registre nucléaire, l’accord iranien est en passe d’être démantelé par les États-Unis — laissant craindre le pire quant à l’avenir et l’intégrité de la République islamique, dont les relations avec l’Arabie saoudite sont extrêmement tendues.

Au Moyen-Orient, d’ailleurs, « poudrière parmi les poudrières », l’internationalisation du conflit syrien vient de prendre un tournant majeur avec l’intervention armée de trois membres du Conseil de sécurité. Washington, Paris et Londres ont en effet frappé, dans la nuit du 13 au 14 avril, des installations militaires du régime de Bachar al-Assad, ceci afin de répondre à une attaque chimique perpétrée par celui-ci dans la Ghouta orientale contre des civils. Sans parler du continent africain, sur lequel prospèrent de nombreux régimes autoritaires qui ne cessent de bafouer les droits les plus élémentaires des populations.

« Stimuler la coopération et l’action »

Conscient de cette réalité, le pays d’Asie centrale, à la tête de l’organisation internationale, n’a eu de cesse de prôner pendant un mois la désescalade des conflits, la lutte contre le terrorisme, la non-prolifération des armes nucléaires et, de manière plus globale, le dialogue et le respect des droits humains. Voire écologiques. Ne serait-ce que sur son continent, et même dans sa région, le Kazakhstan, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Kairat Abdrakhmanov, a martelé qu’il importait « de faire progresser la coopération régionale, interrégionale et internationale pour instaurer la paix et la stabilité à long terme », pouvait-on lire dans un communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU daté du 19 janvier.

Ainsi, le dialogue et les efforts de coordination entre les pays d’Asie centrale, notamment grâce à la « tenue régulière de réunions de haut niveau », se sont intensifiés, comme l’a noté le diplomate kazakh. Et il était temps ; les pays concernés — Afghanistan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan et Kazakhstan donc — font actuellement face à un risque de « catastrophes écologiques » qui nécessitent, selon le patron de l’ONU, Antonio Guterres, de « stimuler la coopération et l’action ». Il a également été décidé de renforcer le dialogue avec l’Afghanistan, dont certaines grandes villes sont privées d’électricité par les talibans.

« Logique des blocs »

Et parce que le mouvement islamiste continue de faire régner la terreur dans le pays d’Asie centrale, Astana, lorsqu’elle était à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU, a insisté pour multiplier les initiatives afin de « prôner la paix et combattre le terrorisme » dans le pays. Ainsi, fin mars, s’est tenue la conférence internationale sur l’Afghanistan à Tachkent (Ouzbékistan), tandis que l’ONU mettait en place un partenariat régional afin de lier sécurité et développement. Le même que celui qui est évoqué par certaines grandes puissances pour la Syrie, après, toutefois, que la situation du pays soit revenue à la normale.

Dans le même temps, le président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev a plaidé pour la non-prolifération des armes de destructions massives et a également estimé que les escalades militaristes, où qu’elles se trouvent, étaient liées au maintien de la « logique des blocs ». Qu’il a appelé de ses vœux à enterrer.

Dialectique guerrière

Vitrine d’un autre temps, celui où la bipolarité du monde avait cours, la nucléarisation doit se terminer, selon le président kazakh. En Corée du Nord comme en Iran. Et plus important encore : Astana a profité de sa place de président du Conseil de sécurité pour exhorter les pays à dialoguer et, mieux, se faire confiance. Sur ce point, le Kazakhstan n’a jamais hésité à montrer l’exemple : en plus d’avoir été le premier pays au monde, et le seul à ce jour, à avoir renoncé à ses armes nucléaires, le Kazakhstan a inauguré, en 2017, à 1 000 kilomètres d’Astana, une banque d’uranium qui a pour objectif d’éviter la prolifération et sécuriser les approvisionnements des Etats membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). D’après les experts, « historiquement, il y a eu la volonté de développer le nucléaire civil tout en évitant les risques de prolifération. Et ces banques servent à garantir aux nouveaux pays entrant sur le marché du nucléaire civil qu’ils pourront obtenir du combustible ».

Au-delà des relations internationales qui s’en trouveraient apaisées, le retour du dialogue et de la coopération pour soigner les maux du monde bénéficierait avant tout à la population. Le message à faire passer ? Il est simple, selon la diplomatie kazakhe : respecter les droits humains les plus élémentaires, alors qu’un peu partout, de l’Afrique à l’Europe de l’Est, un recul des libertés fondamentales se fait sentir. Le Conseil de sécurité de l’ONU vient d’ailleurs d’appeler le Burundi à mettre en place un dialogue interburundais, tandis que le pays connaît le chaos le plus total.

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