Les finances italiennes inquiètent l’UE

Les finances italiennes inquiètent l’UE

L’Italie est au cœur de toutes les discussions à Bruxelles. Hier, le ministre italien de l’Intérieur recevait le président hongrois à Rome pour une réunion placée sous le signe de l’euroscepticisme. Bruxelles craint une alliance qui aille contre ses projets, et garde un œil très attentif sur la situation financière de l’Italie. En effet, depuis plusieurs mois, les analystes craignent un dérapage budgétaire de la part de Rome dont les secousses pourraient bien se faire ressentir au-delà des Alpes.

L’Union européenne est dans la situation d’un pompier confronté à des départs de feu multiples. A peine un incendie est maîtrisé, qu’un autre de grande ampleur le prend à revers. Et parmi les foyers chauds, l’Italie se distingue à bien des égards. Ce mardi 28 août, Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur et homme fort de la coalition gouvernementale italienne a reçu avec un plaisir non dissimulé le très eurosceptique président hongrois Viktor Órban. Les deux hommes ne sont pas d’accord sur tout, mais partagent une vision commune au sujet de l’immigration et des règles contraignantes imposées par Bruxelles.

Parmi ces règles contestées, le pacte de stabilité et de croissance est plus que jamais menacé par Rome. La coalition, si elle respecte son programme, ne devrait pas être en mesure de faire face à toutes ses dépenses sans dépasser la limite de 3 % de déficit. Une limite violée à de nombreuses reprises par différents pays dont la France, mais qui reste une ligne jaune dans les discussions européennes. L’Italie n’obtiendra peut-être pas la clémence de Bruxelles surtout que les critiques venues de Rome redoublent depuis plusieurs semaines.

Dans ce climat qui ne laisse place à aucun apaisement, les investisseurs se montrent très prudents vis-à-vis de l’Italie. Cela se vérifie par l’écart de plus en plus grand entre le rendement des titres à dix ans italiens et allemands. Rome tend à s’isoler sur le plan financier et a fait savoir à la Commission européenne qu’elle essaierait de respecter les règles budgétaires, mais que la réalisation de son programme économique avait la priorité. Une situation compliquée avec une dette qui atteint déjà 130 % du PIB et une mauvaise relation avec Bruxelles.

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.