Immigration : un accord européen qui ne lève pas les doutes

Immigration : un accord européen qui ne lève pas les doutes

L’Union européenne grandit dans les crises. Ce slogan quelque peu usé pourrait laisser place à un autre : l’Union européenne meurt de la crise. La plus chaude est sans conteste l’immigration qui met à mal la cohésion européenne depuis de longs mois. Un accord vient toutefois d’être conclu à Bruxelles entre les vingt-huit. Les responsables politiques se réjouissent, mais le problème semble loin d’être réglé.  

« L’Italie n’est plus seule » ! Le cri de victoire lancé par le président du Conseil italien est aussi celui de tous les membres de l’Union européenne qui se plaignent de la politique migratoire de Bruxelles depuis des mois. C’est aussi le message de pays comme la France et l’Allemagne qui ont veillé à ne pas laisser la machine européenne exploser en raison de deux visions diamétralement opposées. Un accord a donc été arraché au bout de la nuit et les dirigeants européens se sont congratulés longuement. Une sortie de crise a été trouvée, mais cette solution cache des non-dits et des problèmes qui ne tarderont pas à frapper à la porte de l’Union.

L’accord en question prévoit la création de « centres contrôlés » qui seront installés dans différents pays européens « sur la base du volontariat ». Les migrants éligibles à l’asile pourront alors être répartis dans d’autres centres toujours sur la base du volontariat. L’idée est de désengorger l’Italie et de montrer à ce pays qu’elle bénéficie de la solidarité européenne. Mais le concept de « centre contrôlé » reste encore flou et le volontariat n’attire pas beaucoup de pays. La problématique de l’immigration envenime aussi les débats nationaux et accueillir plus de réfugiés peut se révéler politiquement très coûteux.

Un autre concept – celui de plateformes de débarquement hors de l’UE – a également été évoqué de nouveau sans qu’il ne soit vraiment éclairci. Il ne suscite pas d’enthousiasme à tel point que le Maroc et l’Albanie ont déjà décliné l’idée d’accueillir de telles plateformes sur leur territoire. Si Emmanuel Macron et les autres chefs d’Etat et de gouvernement peuvent se féliciter d’une « coopération européenne qui l’a emporté sur des solutions nationales qui n’auraient été ni efficaces, ni durables », il n’en reste pas moins que la question migratoire n’est pas résolue.

L’accord bruxellois ressemble plus à un paravent pour cacher les discordes qu’à une politique forte et décisive pour régler une situation devenue critique. L’été risque donc d’accoucher de plusieurs crises et de leur violence dépendra en partie l’avenir d’une Union européenne qui reste très divisée.

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