Amnesty International à la barre des accusés en Turquie

Amnesty International à la barre des accusés en Turquie

Le procès de onze militants des droits de l’homme s’ouvre aujourd’hui à Istanbul sous le regard d’une presse étrangère soucieuse quant au sort qui leur sera réservé. Parmi les accusés de « terrorisme », le président et la directrice d’Amnesty International risquent de lourdes peines de prison dans un procès à la dimension politique. La défense estime que le pouvoir tente par tous les moyens de juguler les voies discordantes au mépris de la démocratie.

Les équipes d’Amnesty International sont mobilisées pour suivre un procès où plusieurs de leurs membres sont accusés de terrorisme. Taner Kiliç, président d’Amnesty International en Turquie doit faire face à une accusation d’ « appartenance à une organisation terroriste armée » tandis que la directrice de l’ONG et neuf autres prévenus doivent répondre d’ « aide à une organisation terroriste armée ». Ils risquent jusqu’à quinze ans de prison si la 35e Cour pénale spéciale les déclare coupables à l’issue d’un procès aux « allégations extravagantes assimilant des activités classiques de défense des droits humains à l’apport d’une assistance à des organisations terroristes ». Amnesty International dans son communiqué en date du 25 octobre assure également que ce procès est « une épreuve de vérité pour le système judiciaire turc et permettra de voir si défendre les droits humains est désormais un crime en Turquie ».

Cette attaque contre des défenseurs des droits de l’homme est en effet perçue comme un nouvel acte autoritaire d’un régime qui multiplie les procès contre tous ceux qui demeurent critiques au président Erdogan et à son pouvoir. La tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016 a été le point de départ d’une large épuration au sein de l’armée et l’occasion pour le régime de prendre le contrôle de médias d’opposition. Amnesty International estime que « si la justice peut être contournée par le biais d’une fiction dystopique tirée d’allégations absurdes et sans fondement, ce sera un jour sombre pour la justice turque et un triste présage pour l’avenir des droits humains dans le pays. Alors que le monde entier a les yeux rivés sur ces salles d’audience à Istanbul et Izmir, il est temps que nos collègues obtiennent la libération inconditionnelle qu’ils attendent depuis si longtemps ».

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